Réflexions en vrac sur le Web post Paris Web 2007

Paris Web 2007 fut l’occasion de participer à des conférences de qualité, mais ce fut également l’opportunité d’échanger des points de vue avec d’autres professionnels du secteur.

Et nous en avions des choses à nous dire.

C’est donc à partir de ces discussions OFF que je vais dresser une petite liste des réflexions personnelles sur différents sujets ayant trait à notre métier.

Côté emploi :

Si vous êtes intégrateur, trouvez un poste, vite, il ne vous reste plus que quelques mois pour que votre métier devienne tellement banal que les salaires vont fondre comme neige au soleil.

Ce métier a été surcôté devant le manque de personnes vraiment compétentes, les premiers ont été les mieux servis, puis ont été ajouté des compétences aux demandes d’emploi, pour se rapprocher petit à petit de celles d’un développeur (Javascript, php, ROR, AJAX…), les salaires étant rapidement arrivés à des barèmes forts, ils ont cessé d’augmenter depuis longtemps. La tendance est, maintenant, à la baisse. Par contre, les compétences demandées, elles, restent à leur degré le plus haut.

Si vous êtes plutôt littéraire, que vous avez une forte pratique du web, et qu’en plus vous avez des connaissances en HTML (tiens, ça me rappelle quelqu’un), alors, s’ouvre à vous une période faste d’offres d’emploi. Mais attention, les formations « rédaction pour le web » commence à fleurir dans les centres de formations, ça veut dire qu’il faudra faire attention aux formations fournies, mais également que le secteur d’embauche risque d’être rapidement saturé.

Côté métier (internet) :

Le web « classique »

Je suis très sceptique face à ce qui est en train de se construire.

L’évolution quasi nulle de l’html et des CSS ainsi que leur implémentation dans les navigateurs sont un gros frein à l’évolution de notre métier.

N’en déplaise à Daniel Glazman, je pense sincèrement que des projets comme Air d’Adobe ou Silverlight de Microsoft et l’évolution des RDAs et autres outils Desktop sont un premier pas vers la disparition des Navigateurs comme nous les connaissons.

Il ne faut pas se leurrer, les professionnels du net attendent depuis trop longtemps certaines fonctionnalités d’HTML et des CSS, fonctionnalités que nous ne verrons probablement jamais implémentées ou utilisables dans un cadre professionnel (un jour svg, un jour…).

HTML 5 n’est pas prévu avant 2010… et CSS 3 ? Ajoutez à ça l’inertie de l’évolution des navigateurs grand public..

Allons nous attendre 2015 pour pouvoir enfin travailler sereinement avec ces outils ? Alors même qu’en 2007 l’implémentation des CSS2 n’est pas normalisée au niveau de tous les navigateurs, ce qui coute des fortunes, soit aux société éditrices soit aux clients.

Vous êtes vous déjà posé la question du cout des tests navigateurs pour les entreprises travaillant à partir des standards ?

Vous avez une idée vous de ce que sera la technologie en 2015 ?

Si Flash a si bien fonctionné, c’est en partie parce qu’on se libérait du navigateur, en gros, il était possible de faire à peu près ce que l’on voulait, ce que l’HTML ne permettait pas de faire, mais surtout il permet d’outrepasser les limitations des navigateurs.

Alors ? Pourquoi continuer à subir le joug des navigateurs si on peut s’en passer ? Surtout pour le web purement applicatif en train de se créer.

Le web « Mobile »

Il ne faut pas se leurrer, l’arrivée de l’Iphone, tout objet de mode qu’il puisse être, annonce un gros changement dans le petit monde du surf par terminaux mobiles.

Je rejoins assez l’avis que Frédéric Cavazza semble avoir émis lors du « repas » sur le côté plus complémentaire que final du web mobile, du moins pour le moment.

Mais les terminaux mobiles se diversifient et évoluent à grande vitesse en proposant un confort de lecture qui, pour certains, est impressionnant (j’ai testé sur un Ipod touch, et ai été bluffé par la facilité de surf de Safari – tiens encore un navigateur – sur la majorité des sites, seuls les sites couverts de gros placards de pub ou de liens en tous sens sont très difficilement consultables).

Le référencement

Je crois intimement que le mini raz de marée Google, de Septembre/Octobre n’était que le prémisse à un gros changement de l’indexation de l’information.

Il y a un réel problèmes avec le référencement actuel, disons surtout avec l’abus d’optimisation de référencement qui gène fortement la recherche d’information, il y a une telle diversité de sources pour une même information, certaines de ces sources ne sont que du pseudo contenu optimisé, qu’il devient extrêmement difficile de trouver l’information initiale pour un utilisateur lambda.

Pour m’auto citer (oui je sais c’est prétentieux) :

La production n’a aucun intérêt actuellement, c’est la mise en valeur de cette production qui passe avant tout.

L’accessibilité

Trop de référentiels tue les meilleures volontés. A quand l’accessibilité en dix points clé pour les nuls ?

Il faut vraiment que je prenne le temps de lire « Le guide sur l’accessibilité des sites hôteliers« , d’après Sébastien Billard et Jean-Marc Hardy, il est très bien.

Positionnement Commercial

Si vous vous positionnez dans une démarche qualité, tant au niveau du produit que du service, augmentez vos tarifs, j’y pense fortement. Il n’y a pas de raisons qu’un travail de qualité ne soit pas vendu à sa juste valeur.

Pour finir

Je crois, et je ne pense pas être le seul, que nous allons droit vers une division du web en deux parties distinctes, le web applicatif plus orienté desktop et le web média qui pour l’instant va rester encore quelques temps à sa place, au chaud dans nos navigateurs. Mais poru encore combien de temps ?

C’est tout pour aujourd’hui, je sais, je me pose beaucoup de questions et n’apporte pas forcément de réponses, mais que voulez-vous, c’est comme ça pour l’instant.

Cordialement,
Aymeric Jacquet

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