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Patrons voyous, le CNE est encore trop contraignant pour vous ? Embauchez en… portage salarial

Si vous ne savez pas encore ce qu’est le portage salarial, je vais vous en donner une petite définition “simplifiée” :

Le portage salarial est pensé à l’origine pour pouvoir pratiquer une activité, principalement de freelance, sans avoir à créer sa société. Si vous avez la possibilité d’effectuer une mission pour un client, vous créez un contrat avec une société de portage, qui vous embauche le temps de la mission, s’occupe de toutes les démarches administratives, facture le client, paies les charges et vous verse un salaire correspondant en prenant au passage une commission.

Le portage salarial est souvent perçu comme un bon moyen pour une personne désirant créer son activité, de tester le marché, tout en profitant des avantages d’un poste salarié, cela donne un cadre légal à vos missions.

J’en avais déjà parlé lors d’un des premiers article de ce blog : Portage salarial ou société?

Pour en savoir plus vous pouvez aller sur le site du SNEPS (Syndicat National des Entreprises de Portage Salarial) : http://www.portagesalarial.org/index.php

Seulement, voila, comme toute bonne idée, il y a des petits malins qui ont trouvé le moyen d’en user et abuser.

Libération nous apprend dans cet article, Employeur fantôme (merci à Mike pour le lien), que certains employeurs peu scrupuleux, embauchent la quasi totalité de leurs employés sous ce statut et de fait, pensent se libérer de leurs obligations et devoirs.

En effet, quand une personne est embauchée en portage salarial, elle n’est pas salariée de votre entreprise mais de la société de portage, vous pouvez donc, dans la situation du marché du travail actuel, non seulement imposer des contrats totalement farfelus (dans le cadre de l’article un salaire uniquement à la commission) mais en plus, au final, vous n’embauchez personne dans les faits…

La mauvaise foi des réponses de l’employeur incriminé dans l’article est absolument à vomir, mais là ou il s’est trompé, et lourdement, c’est sur le lien de subordination sur lequel s’était déjà penché l’UNEDIC dans des cas particuliers d’emplois saisonniers “cachés”.

Je pense sincèrement que si les faits rapportés dans l’article sont exacts, l’affaire devrait être assez simple a gérer pour les prud’hommes.

En tous cas, j’espère que la société de portage va s’en prendre plein la poire, car si mes souvenirs sont bons, il y a une charte de déontologie des sociétés de portage pour justement “encadrer” et éviter ce genre d’abus, mais comme toujours, quand un marché est porteur, on voit de tout et souvent de n’importe quoi s’y positionner.

Tiens, ça me rappelle un peu le marché de la création de sites web…

EDIT : oops, je voulais dire CNE.

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Portage salarial ou société?

Le portage, soyons honnête, c’est intéressant, surtout si comme moi on a tendance à être allergique à l’administratif/compta/gestion/prise de tête, rayez la mention inutile.

Mais, avec un peu de recul, même si la solution de portage semble la plus simple, elle comporte de nombreux désavantages dont le principal est souvent un manque de souplesse.

En effet, le système souvent utilisé par les sociétés de portage peut finir par rebuter les entreprises, je m’explique;
prenons par exemple Ventoris (anciennement “créer en France”) société/association de portage salarial qui fait de l’avance sur facturation (vous êtes d’abord payé, ils se chargent de récupérer les sous).

Un contrat classique de prestation se fait en plusieurs étapes :
– proposition de la société commanditaire à Ventoris, ils vérifient la solvabilité et acceptent ou non.
– Création d’un bon de commande que le client doit signer en 3 exemplaires et renvoyer à Ventoris (ou au prestataire qui renvoie les bons de commande).
– Appel à facturation à Ventoris lorsque le travail est effectué.
– Envoyer au client un compte rendu d’activité (CRA pour les intimes) qu’il doit accepter et signer puis renvoyer à Ventoris.
– Et enfin la facturation.

Et ce en théorie pour chaque travail effectué dans le mois pour ce client. Sachant que de plus, le bon de commande doit-être renvoyé 3 jours avant le début des travaux pour laisser le temps à la société de portage d’éditer le contrat de travail correspondant.

Bon je vous avoue que souvent pour un travail urgent, on fait d’abord, et ensuite on s’occupe des papiers, mais du coups sans garantie aucune que le client paie puisqu’il n’y a aucune trace légale de sa commande.

Pour en revenir au sujet initial de ce billet, si la question “portage ou société” se pose à moi actuellement, c’est que, à l’époque, mes clients me connaissaient, ils faisaient partie de mes réseaux et pour eux la question ne se posait même pas de savoir qui travaillait pour qui et qui faisait quoi.

Aujourd’hui, la problématique est différente, je prospecte en terrain inconnu, je ne suis pas connu du tissus économique local, et je ne connais que peu ou pas d’acteurs dudit tissus.

Il faut bien se l’avouer, le portage commence à être connu, mais principalement dans le milieu des services et encore… pour preuve un questionnement bien légitime revient souvent sur les réseaux d’indépendants de la part de ceux qui se lancent : le portage c’est quoi? c’est bien? Ca consiste en quoi?

Nous avons pourtant souvent affaire à une population habituée du net et des ses extraordinaires possibilités au niveau de l’information, et pourtant, la question est récurrente.

Maintenant, posons un petit jeu de rôle, juste comme ça pour voir.

Moi, Aymeric JACQUET, patron d’une petite structure (j’adore les jeux de rôle), je reçois un potentiel prestataire (appelons le MIKE) qui vient me proposer ses services de relecteur/rédacteur, qui, il l’a bien senti, sont susceptibles de m’intéresser.

  • MIKE : bonjour blablabla indépendant, blablabla rédacteur, blablabla produits et services, blablabla valeur ajoutée…
  • Avouez que son argumentaire est convaincant.
  • Moi : effectivement, blabla projets, blablabla com, blablabla quelle société déjà? blablabla combien?
  • MIKE : Blablabla, pas de société, je suis en portage salarial.
  • Moi : ahh oui le portage, j’en ai entendu parler mais j’avoue ne pas m’être intéressé à la question. (pfiuuu je m’en sors bien).
  • MIKE : le portage…explications…
  • Moi : mais au final, je travaille avec qui? (ou encore : qui travaille pour moi?)

Et je crois que le cœur du problème se trouve ici, au niveau de l’identité. Votre client à d’autres soucis qu’essayer de savoir ou de comprendre avec qui il travaille.

Lors d’un entretien avec un prospect, on a peu de temps pour convaincre et vendre, doit-on perdre du temps à expliquer un mode de fonctionnement passablement nébuleux qui est peut-être la chose qui va le plus marquer votre interlocuteur?

Pour faire une conclusion rapide et hélas un peu tronquée (désolé le travail m’appelle) le portage c’est bien si :

  • Etre indépendant n’est pas votre activité principale.
  • Vous êtes déjà en poste mais voulez accepter un contrat externe dans la plus grande légalité. (vérifiez quand même les plafonds horaires)
  • Vous êtes indépendant (entreprise ou autre) mais voulez répondre à une commande qui ne corresponds pas à votre activité enregistrée.
  • Vos clients vous connaissent déjà et sont récurrents.
  • Vous voulez accepter des premiers contrats en période de “prospection – étude de marché” (et encore…).

Sur ce je retourne travailler à la création de ma société.
A bientôt,
Aymeric JACQUET