L’échec

En novembre dernier, j’embauchais un développeur, Julien Appert, début aout, j’ai été obligé de m’en séparer et croyez-moi, ce ne fut pas de gaité de cœur.

Pourquoi « l’échec » ? Tout simplement parce que cette embauche « ratée » est mon premier et seul réel échec depuis que j’ai lancé mon entreprise.

Les raisons sont nombreuses et me prouvent que même si tout semble aller, la vie d’une entreprise est tout de même très fragile.

Pourquoi j’ai embauché ?

C’est un peu la chose la plus importante, les raisons de cette embauche étaient assez diverses.

Vers Septembre de l’année dernière, mon activité a explosé, à tel point que j’ai aligné des semaines à 100 heures de travail sans même m’en rendre compte. Mon corps, lui, s’en est rendu compte et m’a lancé un gros signal sous la forme d’une bonne grosse bronchite qui a trainé en longueur, j’ai dû alors prévenir tous mes clients de la situation et que les dossiers prendraient du retard.

Cette explosion d’activité n’était pas qu’à court terme, mon planning de fin d’année était quasi complet et de nombreux dossiers arrivaient au fur et à mesure avec des perspectives de travail assurées jusqu’à fin juin.

J’avais également créé une trésorerie importante (plus de 20 000 euros) me permettant au besoin d’assurer à l’avenir une baisse possible d’activité sans trop en sentir les effets, pour peu qu’elle ne dure pas trop longtemps.

De plus, j’avais de nombreux projets en tête, mais pour certains de ces projets, il me manquait des compétences techniques, comme vous le savez, je ne suis pas développeur et même si je bidouille du code, je n’aurai jamais la prétention de l’être.

Avoir un développeur était aussi une plus-value pour l’entreprise, un apport de compétences, de possibles nouveaux produits à vendre à mes clients.

Brefs, tous les signaux étaient au vert, je cherchais un développeur, Julien voulait quitter son boulot, on se connaissait un peu d’internet, je l’ai donc embauché.

En février, j’ai également embauché ma femme à mi temps, c’était prévu de longue date, elle s’occupe de la compta et a des compétences de rédactrice et traductrice que je compte bien exploiter.

Vous avez bien tout lu ? Chronique d’un échec annoncé ou presque, j’avais oublié le facteur X dans l’équation.

10 mois plus tard, Julien quitte l’entreprise, alors que les signes sont toujours au vert.

10 mois plus tard, mon entreprise n’a plus de trésorerie ou presque plus.

10 mois plus tard, je dois tout reconstruire ou presque.

La raison principale est simple : tous les dossiers prévus ou signés pour 2009 ont été repoussés à… plus tard.

Soit, près de 60 000 euros de contrats qui devaient se faire entre Décembre et Juin. Nous n’avons vécu que du tout venant, des contrats annexes, des contrats de maintenance et de référencement.

Avec le recul, je ne sais même pas comment nous avons fait pour tenir aussi longtemps.

Je vous donne la liste, c’est amusant, ou pas :

Pour information, la plupart des dossiers dont je parle ici sont des dossiers entre 8k et 20 k.

Premier contrat : gros contrat prévu pour se dérouler entre Décembre 2008 et Février 2009.

Le dossier prend du retard, rien d’inhabituel, le client doit travailler sur ses contenus, c’est un gros boulot, il attend des éléments de différentes sociétés dont il est revendeur exclusif.

Nous travaillons donc sur la structure technique et le design, installons les premiers contenus qui sont déjà importants, puis, plus rien, pas de nouvelles du client.

On arrive à se contacter et là il m’apprend que sa société est rachetée, tout est gelé, il me tient au courant, mais ça va prendre des mois.

Deuxième contrat : très gros contrat pour un partenaire devant commencer en Janvier 2009 et être livré pour fin mai.

Une période de consultation / conseil est prévue, elle se déroule bien, pas de soucis de ce côté et puis plus rien.

Je ne peux pas rentrer dans les détails, mais il s’agit d’un gros compte avec toutes les implications que ça peut avoir.

Et le bloquage fut imprévu. Le dossier était dépendant d’un autre dossier de com du client final, devant l’actualité, le premier dossier a été gelé et par effet de bord, le nôtre aussi.

A ce jour je ne sais même pas quand il reprendra.

Troisième contrat : encore un gros dossier avec un partenaire pour un client pour qui nous avons déjà réalisé un blog. Prévu entre mars et Juin 2009.

Il s’agit d’une refonte complète de leur site internet, avec des prestations diverses dont une grosse partie de référencement.

Premières consultations, livraison de recommandations, livraison de wireframes, puis… plus rien.

Nous apprenons alors que la société a décidé de se faire normaliser ISO et de fait, toutes les ressources humaines et financières sont dédiées à ce projet.

Normalement il doit reprendre prochainement… normalement.

Quatrième contrat : un dossier important pour un de mes meilleurs clients dont je m’occupe depuis les débuts de ma société ou presque. Le dossier devait être réalisé sur Juin, début Juillet.

Comme il s’agit de soutenir le lancement de nouveaux produits hors de leur cible actuelle et que le dossier est très orienté référencement, je réalise un audit sectoriel et concurrentiel pré projet pour orienter les travaux à venir.

Suite au résultat de cet audit, le dossier a besoin d’être recadré et est donc repoussé à… Septembre

Heureusement, celui-là, il est en train de se faire.

Cinquième contrat : celui-ci, il est juste pour illustrer la loi de Murphy. Normalement prévu pour fin Juin, début Juillet.

Un petit dossier, un blog d’entreprise, mais qui, quelque part, conditionne également la récupération totale de la communication internet de l’entreprise.

Consultation faite, contenus initiaux récupérés, blog installé, configuré, une première maquette est proposée…

Et là, plus de nouvelles du client. Je relance, mail, téléphone (messagerie), rien.

Quelques semaines plus tard, le client me contacte pour me prévenir qu’il a été hospitalisé et qu’il reprendra le dossier en main dés que possible.

A ce jour, le dossier est toujours en attente.

Ajoutez à tout ça 10 000 euros d’impayés (dont je n’ai récupéré une partie qu’en Septembre) de 2008 et une régule de charges de 9000 euros prévue pour Novembre et vous aurez une petite idée de l’état dans lequel je me trouve depuis Avril/Mai.

En fait, ce qui a faussé la donne durant ces mois, c’est la trésorerie que j’avais sur le compte de l’entreprise. Cette trésorerie a masqué les faibles rentrées d’argent, tant qu’on peut payer les salaires, ça va, quitte à ne pas me payer, jusqu’au moment où ce n’est plus possible, qu’on se rend compte qu’on va droit dans le mur.

J’ai réagi en Juin, quand le quatrième contrat a été repoussé, je n’avais plus de visibilité à moyen terme, je ne pouvais plus qu’espérer qu’un des contrats se débloquerait ce que j’ai attendu… attendu… en vain.

Fin Juin, bouffé par le stress j’annonce donc à Julien que je vais devoir le licencier, je ne le prends pas en traître, il a  bien vu qu’il n’y avait quasiment pas de travail et je ne lui ai jamais rien caché de la situation.

Et croyez-moi, quoi qu’en disent les bouffeurs de patrons, avoir à licencier quelqu’un, quand on est quelqu’un de normal, je ne le souhaite pas à mon pire ennemi. je crois que je commence tout juste à m’en remettre physiquement tellement la tension et le stress m’ont bouffé pendant des semaines.

En tous cas, cette expérience, bien que malheureuse, aura été riche en apprentissages :

  • Je travaille mieux seul
  • Avoir un employé c’est s’imposer des contraintes auxquelles je n’étais plus habitué
  • Je n’ai en fait, pas besoin d’un développeur à plein temps, mes projets sont surtout des projets de com pure et de référencement
  • Je ne suis pas forcément fait pour être patron
  • Rien n’est jamais acquis (oui celle-là est facile mais quand on se prend une bonne grosse claque on l’assimile mieux)
  • Quand les signes de difficultés sont là, il faut réagir et vite. Si j’avais réagi plus vite la situation serait plus simple actuellement.

Pour le reste, pas d’inquiétudes, ma société va s’en sortir, et probablement avec un CA supérieur à celui de l’année dernière, mais pas suffisant pour absorber l’énorme augmentation de charges que représente une double embauche.

Le bon côté des choses, c’est que si mon entreprise a survécu à cette année catastrophique, je pense et j’espère qu’à l’avenir elle résistera à tout.

Cordialement,
Aymeric Jacquet

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64 Commentaires pour L’échec

  • Bonne analyse de la situation. J’en sais qqch, je suis dans ta liste :-/
    Entre les projets qui prennent froid et deviennent frileux à cause de « la crise », les projets mal ficelés qui, une fois pris en main par de vrais professionnels, laissent apercevoir leurs carence et nécessitent un réajustement plus ou moins important, les budgets qui se serrent et qui du coup ne sont plus économiquement réaliste (sauf si on aime jouer à la crémière et sa crèmerie…) Cela en fait des pots cassés !
    L’autre partie de l’analyse qui concerne le temps de travail et le rapport aux employé aussi est très fine. Travailler avec sa moitié, c’est pas toujours évident mais on peut s’en accommoder. Par contre l’irruption d’une personne externe dans notre cocon de SOHO, et devoir suivre des règles comme les horaires, le management et toutes ces petites choses qui forment le cadre de la plupart des entreprises, c’est pas évident du tout. C’est souvent vécu comme une énorme perte de liberté, pour les personnes avec qui j’ai pu en parler.
    Le plus important c’est de bien voire les choses en face et pour la pérennité de sa structure, ne jamais se voiler la face. Tu l’as très bien abordé ce problème et effectivement si t’as réussi à passer à travers cette dure épreuve, c’est que t’es pas près de t’échouer sur le premier banc de sable venu ;-)

    Le 30 septembre 2009 à 18 h 15 min

  • Delphine Dumont

    Quand on travaille en indé, on sait tous les risques qu’on prend mais, comme les accidents, ça n’arrive qu’aux autres. Jusqu’au jour où, par malchance, par négligence ou autre, on casse la voiture. Comme pour un accident, c’est pire quand on n’a pas commis de faute.
    Toute ma sympathie à vous trois !

    Le 30 septembre 2009 à 18 h 38 min

  • Ben moi, j’ai eu plein plein plein de devis fait depuis Février.
    Seul hic : Les banques refusent systématiquement toute demande d’emprunt pour renouvèlement de matériel, équipement informatique, formation de personnel et/ou communication.
     
    Inutile de te dire que tout s’est planté.
    J’ai passé les 6 derniers mois à faire une plateforme à l’attention des agences de com’. En espérant qu’elle soit suffisament rodée quand les banques accepteront de re-prêter aux entreprises, et pas uniquement à leurs filiales.

    Le 30 septembre 2009 à 18 h 51 min

  • Salut Aymeric,
    J’ai déjà vécu cette situation, et je n’excluts jamais d’avoir à la revivre. Nous allons embaucher, de notre côté, mais c’est terrible de ne pouvoir donner de garantie, pour la simple raison qu’on en a pas soi-même. Heureusement, les salariés sont de plus en plus compréhensifs dans les petites boîtes, car ils sont proches du management. Dans les grandes boîtes, c’est autre chose, et les licenciements ne se font pas toujours pour des raisons liées aux difficultés de l’entreprise.

    Le 30 septembre 2009 à 19 h 25 min

  • En tous cas tu as un bon recul de la situation et tu nous le fais partager, ce que j’apprécie grandement. Même si ça n’a pas marché comme prévu, cette période aura été riche d’enseignement et je suis sure que tu as appris pleins de choses pendant cette période. Mon père m’a toujours dit « embaucher, c’est le début des emmerdes ». Là il se trouve que le contexte n’était tout simplement pas favorable, c’était un coup de pas de chance, un mauvais timing.
    Hier je me posais moi-même la question d’embaucher ou pas, je suis loin d’aligner 100 heures dans la semaine mais j’ai l’impression de saturer avec toutes les tâches qui m’incombent en tant que gérante-référenceuse-secrétaire-audit-conseil-menage etc :D mais là tu m’as convaincue de ne pas le faire.. ou plutôt pas tout de suite!
    Je suis sure que tu sauras te relever et recréer une jolie trésorerie de bon père de famille ;)

    Le 30 septembre 2009 à 19 h 26 min

  • il est bien de lire de tels propos..
    tout n’est pas rose dans l’entreprenariat ..
    une société peut bien se porter sans pour autant pouvoir embaucher, cf les artisans qui sont souvent débordés mais ne peuvent recruter..

    Le 30 septembre 2009 à 19 h 39 min

  • Nul n’est tenu à la perfection, et bienheureux celui qui saura tout prévoir à l’avance.
    Ce n’est peut-être que partie remise, car si tu signes tous ces gros projets début 2010, il te faudra bien trouver un développeur.
    Bon courage pour la suite !

    Le 30 septembre 2009 à 19 h 42 min

  • Rares sont les retours d’expériences tel que celui-ci, juste pour ça et la franchise que tu peux avoir avec tes clients et prospects, bravo !
     
    Bien à côté des grandes sociétés dont on parle tant, les difficultés de TPE en cette période sont vraiment problématiques … dans l’ignorance générale !

    Le 30 septembre 2009 à 19 h 42 min

  • Ce billet avec celui sur la rémunération de l’indépendant sont parmi les meilleurs que j’ai eu à lire sur le sujet (et Dieu sait que j’en lis). Merci pour ce partage d’expérience et bon courage pour la suite.

    Le 30 septembre 2009 à 20 h 17 min

  • Comme le fait remarquer Elie, les salariés sont compréhensifs dans les petites structures. Ce fut mon cas, d’autant plus que le risque était prévu dès le départ, nous en avions parlé avant de signer.
    Pour moi aussi, l’expérience aura été instructive (sur le travail comme sur moi-même). En tout cas, malgré les circonstances, tu m’as donné envie d’entreprendre à mon tour. Je vais au devant des emmerdes, mais qui ne tente rien n’a rien, n’est-ce pas ?

    Le 30 septembre 2009 à 20 h 20 min

  • Courage, le plus dur est déjà derrière ! Cet article est en tout cas intéressant, je suis en train de réfléchir à une embauche, j’ai de la tréso et pleins de projets qui me tombent dessus. Ton expérience risque de m’être profitable.

    Le 30 septembre 2009 à 20 h 44 min

  • C’est pour ce type de situation que j’ai toujours repoussé le moment où j’embaucherais quelqu’un.
    Je mets ton billet dans un coin  pour me le ressortir à chaque fois que j’y penserais. Car comme toi je travaille mieux seul et je ne suis pas fait pour être patron.
     

    Le 30 septembre 2009 à 20 h 47 min

  • Tout d’abord merci Aymeric pour partager cette expérience avec tes lecteurs. Beaucoup préfèreraient le garder pour eux pour des raisons X ou Y. Comme bcp ici je sais ce que c’est d’être indépendant et encore plus depuis la fin de l’année dernière quand ma femme a décidé de créer son entreprise. Et notre expérience comme la tienne me montre que finalement, même avec une belle trésorerie, il est difficile de voir au-delà de 3 à 6 mois, grand maximum. On ne sait jamais ce qui va se passer, si le projet va bien être signé et une fois fait, on attends parfois très longtemps avant d’être payé et c’est souvent là que ta trésorerie en prend un coup.
    Une chose que j’ai pu remarqué c’est qu’on est plus sujet à ces variations avec de gros projets. Certes ils rapportent plus plus vite, mais ils ont aussi plus d’impact quand ils ne sont pas signés. Ma femme gère principalement des projets entre 8000 et 20000 euros, tandis que moi c’est plutôt dans les 3000/5000. Et finalement, même si son activité rapporte plus, quand un projet escompté ne tombe pas, on le ressent plus fortement. De mon côté, l’impact est moins grand, les enjeux l’étant moins aussi. J’en fait plus pour m’en sortir donc les variations sont moindres. Cela dit, faut pas non plus faire des projets à 1000 euros et en faire 15… Ce ne sont pas ceux-là qui sont les plus intéressants !! :P
    Je crois que l’année 2009 aura été difficile pour pas mal d’entrepreneurs mais je crois qu’on peut aussi se dire que si on passe cette année, les suivantes devraient être très prometteuses et professionnel comme tu l’es, je ne me fais pas de soucis pour toi. Bonne continuation et à la semaine prochaine ? ;-)

    Le 30 septembre 2009 à 21 h 48 min

  • Pendant ma période freelance, je me suis fait piéger par des phénomènes de cycles. La difficulté pour une entreprise est de construire un rythme commercial stable.
    Sinon, les pics de production font abandonner le travail commercial et là, l’effet d cycle s’amplifie… jusqu’au grain de sable.

    Le 30 septembre 2009 à 21 h 48 min

  • Seo Cherubin

    Merci pour ce partage, très riche en enseignement.
    Souhaitant me lancer « réellement » en société (autoentrepreneur ou SARL), avec un ou plusieurs amis, cela fait réfléchir car ayant un rythme particulier, s’imposer les contraintes d’autrui est à prendre en compte.
     
    Je te souhaite de te relever d’autant plus fort que tu as réussi à bien analyser ta situation :)
     
    Pour ce qui est de ne pas embaucher, je ne pense pas que « c’est le début des emmerdes » mais il faut s’adapter, apprendre à cohabiter , s’organiser. le travail d’équipe a du bien, mais c’est vrai que c’est pas fait pour tout le monde.

    Le 30 septembre 2009 à 22 h 03 min

  • procrastinate exponentiel

    Bonsoir Aymeric,
    merci d’avoir partager ton expérience poignante, et je rejoins certains commentaires quant au caractère unique et honnête des propos de ton article.
    Tout cela n’est pas rassurant, mais reflète une certaine réalité de l’entreprenariat en France (du moins ma vision).
    Je suis un as pour tout remettre au lendemain, un procrastinate en puissance et cela fait des mois que je remets mon projet d’auto entrepreneurà « plus tard », pour les raisons que tu as évoqué et aussi par peur de l’échec peut-être.
    Merci encore de ton élan et tous mes voeux de réussite.

    Le 30 septembre 2009 à 23 h 09 min

  • micheline MAXIMIN

    Et les enfants, vous n’avez pas abordé la couverture en cas de maladie !
    Courrez vite vous assurer, car en cas de pépin sérieux, c’est la vraie catastrophe.
    Mutuelle, mutuelle !!!
    Courage, vous mangez votre pain noir, demain sera meilleur.
    Et n’oubliez pas le père Lenine :  » l’échec est un pas en avant ! »

    Le 1 octobre 2009 à 8 h 53 min

  • Merci pour le partage et la franchise. Je pense que cela t’a fait du bien.
    Moi même indépendant, je pense de temps à autre à l’idée de monter un truc plus grand. C’est toujours intéressant d’avoir de tel retours d’expérience.

    Le 1 octobre 2009 à 9 h 32 min

  • Il est en effet très rare de voir ce type de témoignages. Un très grand bravo pour votre franchise et votre transparence.
    Pour notre part, c’est en 2008 que nous avons rencontré certains de ces soucis. Malgré une très forte reprise de notre activité et le nombre de contrat signés en 2009, nous avons privilégié le travail avec notre réseau de freelances plutôt que d’embaucher.
    Bien sûr, un freelance coûte globalement plus cher et c’est assez normal. L’avantage, c’est qu’il ne coûte que dans le cas ou l’activité est réelle et les contrats signés (acomptes payés !!).
    Je reconnais bien mes problèmes quotidiens dans votre article. C’est pourquoi notre structure se limitera encore certainement pour pas mal de temps au nombre de salariés actuels. Nous travaillons avec certains freelances depuis 5 ou 6 ans et cette expérience de travail en commun nous fait gagner beaucoup de temps dans nos échanges. Cela compense le surcoût que ce mode de fonctionnement génère sur une mission ponctuelle.
    Je vous souhaite de bons contrats payés et profitables sur les mois et années à venir.
     
     
     

    Le 1 octobre 2009 à 12 h 36 min

  • Marc

    Bonjour,

    Je suis votre blog depuis plusieurs mois via RSS. Bravo pour votre article qui illustre bien les difficultés dans le domaine de la création de site/blog… mais aussi dans les TPE. Je vous souhaite bon courage pour la suite en espérant que la reprise annoncée vous soit profitable ;-)

    Le 1 octobre 2009 à 15 h 03 min

  • @Aymeric
    Tu es fait pour être patron par le contexte « crise » n’est pas pour les patrons.
    En tout tu m’as  mis le blues  pour le reste de la  journée .
    T’es content ;)
     

    Le 1 octobre 2009 à 15 h 07 min

  • Courage Aymeric, tout va bien se passer. Le tout sera de voir qui de nous deux sera le patron de l’autre ;-)

    Le 1 octobre 2009 à 16 h 02 min

  • @charles Boone : pas de soucis pour le dossier, on sait qu’il se fera, la seule question est quand. ;)

    @Delphine Dumont : Maintenant, il faut juste « prévoir » l’imprévisible, ce que j’essaie de faire en général.

    @Da Scritch : Ah oui, bone bonne année de merde pour toi aussi, pas glop. Tu as moyen de me parler de ta plateforme ? Je bosse pas mal avec des agences de com.

    @Elie : les salariés sont proches si les patrons sont proches. Ce qui rend d’autant plus difficile de gérer ce genre de situations. J’espère que ça va mieux marcher pour vous que pour moi, Temesis le mérite.

    @Marie : Prendre du recul, c’est aussi ce qui permet d’avancer (elle sonne très mal cette phrase). Pour le reste, je triche, j’ai ma moitié qui fait la partie secrétaire-support-assistante, et ça, ça n’a pas de prix.

    @weetabix : pour embaucher ma femme, j’ai eu la chance d’avor droit à l’aide à l’embauche active depuis le premier Janvier. Mais comme elle n’est pas au SMIC horaire, je touche une somme monstrueuse… 26 euros par mois. Ca motive à embaucher, c’est sur. :)

    @fred : c’est une des raisons pour lesquelles je ne suis pas totalement paniqué, ces dossiers sont déjà signés, ils se feront, un jour.

    @Littlebuzz : merci, helas, les TPE/PME représentent la plus grande partie des emplois en france, mais elles n’ont pas la force des gros secteurs et surtout ne peuvent pas faire de chantage au chomage comme par exemple l’industrie automobile. 5 emplois fois mille entreprises qui ferment, ça fait toujours plus de bruit que 5000 d’un coup, porutant le résultat est le même.

    @Al-Kanz : merci à toi d’être et de rester un de mes plus anciens lecteurs.

    @Julien Appert : Ca bouge de ton côté ? Tu as pris le temps de te poser et de réfléchir à la suite ? Content que tu fasses l’essai et bienvenue au club.

    @Christophe BENOIT :
    Mon cas de cette année est assez particulier étant donné la série de dossier repoussés, mais il est vrai qu’il est très difficile d’avoir une vison claire du coût d’un salarié.

    @Arnaud : Héhé, tu peux l’imprimmer et l’encadrer (arrgglll je viens juste de voir que ma feuille de style d’impression n’est plus bonne).

    @Francis : comme toi, la majorité de mes dossier tournent entre 3000 et 5000 et heureusement ces dossers là sont restés en production cette année, même si ils n’étaient pas planifiés. En fait, chaque année, le montant moyen de mes dossiers augmente de 15% et j’ai par de nombreux de plus en plus de dossiers « grands comptes », il va falloir que je m’adapte pour comem tu le souligne, que ces dossiers impactent le moins possible mon CA en cas de report ou d’annulation.

    @Magicyoyo : en fait, ça fait un an que je travaille à créer de la récurence, via des contrats de maintenance et de référencement annuels. CA me permet d’avoir des rentrées d’argent fixes et assurées. Le but étant qu’à l’avenir ces contrats absorbent mensuellement mes charges fixes.

    @Seo Cherubin : merci pour les messages d’encouragement.

    @procrastinate : merci pour ton message, il ne faut pas non plus se bloquer devant des choses qui ne sont, au fond, que des évidences. j’adore ton pseudo du jour au fait.

    @micheline MAXIMIN : Mutuelle, assurances privées, ça va, je suis couvert, chèrement, mais couvert.

    @Nicolas : je crois que j’aimerais être patron quand j’aurais 10 employés et que je ne glanderais plus rien de la journée, à par dire bonjour et serrer des mains. ;)

    @Axenet : Merci pour votre message. Je sous traite souvent avec des freelances ou autre entreprises. Seulement, il faut bien l’avouer, ça ne remplace pas totalement la disponibilité d’un salarié qui peut travailler sur des projets clients mais aussi sur des projets de l’entreprise.

    @Marc : J’aime quand un lecteur silencieux se manifeste, et merci pour votre message.

    @martin : désolé de t’avoir planté ta journée. ;)

    @Thanh : fumier, ordure, etc… Fais une offre et on en reparle. ;)

    Le 1 octobre 2009 à 17 h 29 min

  • @thanh, la question n’est pas qui de vous deux sera le patron de l’autre, mais comment allez vous vivre le fait d’être rachetés par Temesis ;-)

    Le 1 octobre 2009 à 17 h 37 min

  • Elie, Thanh : Ok on joue nos sociétés au poker à Paris Web 2009 alors ?

    Le 1 octobre 2009 à 17 h 51 min

  • Si Temesis s’en mêle, je ne lutte même pas.
    > Elie, moi j’aime pas trop le télétravail, on peut garder l’open space?
     

    Le 2 octobre 2009 à 9 h 20 min

  • #

    Bonjour, une alternative à l’embauche et à « être patron », tout en travaillant à compétences multiples, c’est : soit une coopérative formelle, soit informelle (atelier partagé…)…
    Bon courage

    Le 2 octobre 2009 à 11 h 33 min

  • Martin

    @#
    Je ne vais pas trop détaillé mon analyse sur le sujet  vu que je suis en plein dedans et que je n’ai aucun recul 

    Je me suis entrain de me renseigner sur les coopérative et l’ Auto entrepreneur
    On croit que c’est tout simple …d’ailleur ça l’est pour s’inscrire mais des qu’on regarde un peu
    Le bilan de mon analyse (‘ultra simplifié vu qu’elle n’ai encore terminé à ce jour’)
    Pour un chomeur ,l’A. E peut être plus interessant si on vise du cours termes en espérant changer de statut. 
    Pour une personne  dans  » la partie »( je sais pas si ça se dit :) ) comme Aymeric..je sais pas si cela serait vraiment interessant.
     
     
     
     
     
     

    Le 2 octobre 2009 à 11 h 54 min

  • Je suppose qu’il n’y a pas de chiffres réels des gens qui vivent ou ont vécu le genre de situation que tu décrits.
    Mais je m’apprête à m’y engouffrer, et si ton expérience ne m’échaude pas, je dois reconnaître qu’elle assombrit un peu les images d’Épinal que l’on peut se faire de l’entrepreneuriat!
    Merci pour ta sincérité dans la description des difficultés!

    Le 2 octobre 2009 à 22 h 48 min

  • Blog BD

    Erf, dur, dur.
    Bon courage pour la suite :)

    Le 4 octobre 2009 à 18 h 39 min

  • Lire ce genre de retour d’expérience au stade où j’en suis, cela n’a pas de prix. Merci de le partager et bon courage pour la suite.
     
    Cordialement,
    Un jeune entrepreneur aussi.

    Le 5 octobre 2009 à 10 h 41 min

  • Martin

    Un sujet qui serait  malheureusement :(  intéressant d’aborder :
    Les impayés
    Comment détecter les clients susceptible de pratiquer « ce genre de sport » ?
    Comment se faire payer les impayés ? :) 
    Une fois prix au piège ,y a t il des étapes ?
    Prévenir une fois par téléphone
    courrier recommander

     

    Le 5 octobre 2009 à 13 h 22 min

  • très intéressant retour d’expérience sur cette année 2009 ! Malheureux cependant … Voilà qui laisse à réfléchir sur l’embauche pour une petite entreprise et qui fait réfléchir quant on avait dans l’esprit d’embaucher (un dev en plus). Merci de ton expérience, j’y réfléchirais nul doute à deux fois le moment venu.

    Le 7 octobre 2009 à 5 h 15 min

  • Hyper bon post, qui met bien en avant les problemes de cash flow des petites structures .. Mon avis, demander un acompte des le debut du projet, entre 25 et 30%, en general ca motive les entreprises a s’occuper davantage du projet, mais je reconnais que c’est pas toujours facile lorsque c’est un client important et que l’on est une petite structure. 2eme chose comme il l’a deja ete dit, utiliser un reseaux de Freelance, meme si le prix sera plus chere, cela comporte moins de risques. Bonne continuation !

    Le 9 octobre 2009 à 21 h 59 min

  • Hello Aymeric,
    Je ne découvre ce billet que maintenant. Merci d’avoir pris le temps de le rédiger. Il est plein d’enseignements. Bon courage pour 2010 !

    Le 13 octobre 2009 à 9 h 54 min

  • Je comprends moi aussi, celle qui travaillait avec moi se cherche un contrat faute de clients et de travail. Je cherche à développer mon activité mais c’est pas évident sachant que je fais le wedesign, le dev, la maintenance, la gestion des projets… le commercial…  Sans compter que les clients ne sont pas évidents avec les freelances avec l’appriori vous êtes freelance vous serez moins cher qu’une agence et vous pouvez accepter plus de compromis. Chouette ! (excuses venant après : c’est la crise, à vous de montrer que vous avez envie de travailler !)
    Enfin merci pour ce retour d’expérience, on se sent moins seul à galérer.
     

    Le 16 octobre 2009 à 16 h 46 min

  • Idem

    Sorti il y a peu de ce genre d’histoire. En 2002-2003 j’ai perdu deux gros clients, un pour dépôt de bilan  l’autre pour raisons politiques (chgmt municipalité) + un impayé de 9000 euros. En 2004 plus un sou de trésorerie avec les charges sociales sur 2002 à payer… donc tu ne paies pas (avec quoi ???). Commence alors le cycle de la mort : huissiers, saisies sur comptes, pénalités, menaces bancaires, etc.  On dirait qu’ils se donnent le mot. Fait le gros dos et payé par ci par là au compte goutte entre rentrées, saisies et ainsi de suite.  Traité comme un délinquant par le fisc, comme un pirate somalien par l’Urssaf, viré de ma mutuelle, etc. Tél coupé quelques fois, internet idem quand les paiements n’arrivaient pas pile au jour dit. Tu fais un chèque à l’un pdt que l’autre bloque ton compte, résultat : des impayés en plus, des menaces d’interdit bancaire etc etc. Quatre ans comme ça à peu dormir et à bcp stresser.
    Fin 2008, à jour fiscalement. Fin 2009, dans quelques semaines, je serai *enfin* à jour au niveau des caisses (RSI).
    Les coups les plus durs sont venus de l’administration et des caisses. L’Urssaf, malgré mes xx demandes d’échelonnement, m’a lâché ses huissiers qui ont été immondes. La banque aussi, de véritables salopards. Ma gestionnaire de compte m’a même dit que pour elle j’étais fini (une banque solidaire, vous voyez laquelle ?). Je m’en suis sorti parce que mes clients, informés, ont joué le jeu, certains me payant d’avance de gros boulots. Des fournisseurs ont patienté des mois et des mois.  Je les remercie tous. Les autres, fonctionnaires de l’administration/caisses, je crois que je les haïrai à vie.
    Si j’additionne (vu avec mon comptable) les pénalités de retard, les frais bancaires (85 euros par saisie), les agios (quand j’avais encore droit à du découvert), les frais d’huissier, etc. j’arrive entre 2004 et 2007à 14500 euros. En gros le peu de richesse que j’ai produite (se reconstituer une clientèle, seul, c’est long) a servi au « service de la dette ». J’ai rencontré le médiateur de la république. Je lui ai exposé mon cas… je vous jure qu’il s’est marré et qu’il m’a conseillé de tout arrêter et me mettre au RMI, que je gagnerais plus – ce qui était vrai. J’arrête là, je pourrais vous en écrire 20 pages comme ça. Comme ce chien d’huissier de ma mutuelle qui réclamait des sommes non-dues parce que la loi dit que si les cotisations sociales ne sont pas à jour les cotis ne sont pas exigibles (je l’ai su qu’après, mais que voulez-vous que je fasse aujourd’hui 4 ans après ?)et qui devait le savoir mais qui m’a collé un avis de vente forcée pour me contraindre, ducoup  les qques centaines d’euros mis de côté pour la TVA sont passés là et ensuite la TVA m’a encore harponné de 10% suppl. etc. etc. Voyage au bout de la nuit.
    Je ne devrais pas le dire mais je le dis : si c’était à refaire je « tricherais » le plus possible pour me contituer un trésor de guerre. Si j’avais eu ne serait-ce que 10000 euros à gauche en 2004-2005  je n’aurais pas traversé cette passe aussi mal.
    Toute ma solidarité du fond du coeur, camarade. Moi j’ai réusi à m’en sortir mais ça a été si limite (parfois à une heure près… ex un samedi matin de février 2007 je courais dans le quartier dans une tempête de neige a essayer de trouver le facteur qui avait une lettre avec un chèque dedans à déposer impérativement avant midi à la banque sinon couic, interdit bancaire…  ou encore le jour où en juin 2006 – je n’avais plus de CB depuis longtemps et il me restait quelques chèques mais impossible de renouveler le chéquier à cause de saisies en cours qui bloquaient toute commande – j’ai dû mendier 20 euros en liquide à la banque pour tenir le week-end, etc.) si limite que c’est un miracle, miracle que je te souhaite aussi.
    Tiens le coup.

    Le 20 octobre 2009 à 18 h 44 min

  • @Idem Wow ! Les bras m’en tombent.
    Bravo pour votre courage et votre ténacité. Parce que continuer à être entrepreneur malgré cela, faut vraiment être un dur à cuire. Votre ténacité est motivante.

    Le 20 octobre 2009 à 18 h 53 min

  • @Idem [38]

    Outch! Ben là tout de suite ça calme votre témoignage. Belle leçon de ténacité et de courage. Et aujourd’hui vous avez toujours le même type d’activité que vous aviez à l’époque ? Vous êtes aussi dans le Web ?
    Bonne chance pour la suite !

    Le 20 octobre 2009 à 19 h 36 min

  • martin

    @Idem
    Pour le coup , tu me met encore plus le cafard que Aymeric :(:(
    Je crois que je vais passer  (re-passer ) des concours de la fonction publique plutôt que d’ouvrir une boite….
    En cas d’echecs  l’impact psychologique , financiére, familliale  sans parler obligés de retournés employés, salariés  ou ouvrier …ou autre.
    Bonne chance
     
     
     

    Le 20 octobre 2009 à 21 h 49 min

  • @martin je trouve au contraire le message d’Idem très motivant.

    Le 20 octobre 2009 à 21 h 54 min

  • martin

    @Al-Kanz Courageux oui … motivant ?? dans quel sens ?
    Dans le sens ou il faut se battre (voir galérer comme un chien ) pour pouvoir vivre de son travail…
     

    Le 20 octobre 2009 à 22 h 53 min

  • Bonjour,
     
    Bravo pour ce post et les réactions.
     
    Je vous fais part de quelques pistes de réflexions, d’un  vieux  navigateur, d’autant plus que je comprends parfaitement l’ambiguïté que crée la petite taille d’entreprise vis à vis des clients. Loin de moi l’idée de donner des leçons, mais plutôt de tirer des enseignements et que chacun y puise ce qui lui semble pertinent. Miles pardons pour les redites.
    a) Pourquoi faudrait-il qu’une petite boite soit moins respectée par la clientèle qu’une autre plus grosse ? Soyez certains que si vos clients viennent vous voir c’est qu’ils ont besoin de vous. C’est votre savoir faire globale qu’ils viennent acheter et non un prix.
    b) Une affaire est un travail rémunéré (à son juste prix, si possible) donc ne travaillez jamais gratuitement, ce n’est plus une affaire dans ce cas.
    c) Tout à fait d’accord avec Julien, ne jouez pas le rôle de banquier, exigez un acompte avant de commencer le travail.
    d) Ne pas perdre de vue que la trésorerie est le seul carburant de votre entreprise. C’est le garant de votre liberté d’action. Tant que vous avez un peu d’argent vous avez la liberté d’aller chercher du client, même en consentant un tarif bonifié pour boucler la fin de mois.
    e) Faut-il anticiper le recrutement vis à vis d’une croissance de charge probable ? Vous l’avez découvert à vos dépends, la prévision c’est la certitude de se tromper. Même si votre interlocuteur est sincère, il est dans un système où il ne maitrise que peu d’éléments. Alors, enregistrez raisonnablement les commandes et recrutez sur un portefeuille signé et financé par des acomptes.
    f) Si votre visibilité n’est pas suffisante pour déclencher une embauche, travaillez en réseau avec d’autres freelance, mieux encore faites de ce réseau un échange régulier de complémentarité.
    g) Pensez à régulièrement prospecter, pour vous faire connaître, vous permettre de choisir les projets sur lesquels vous vous investirez. cela vous donnera aussi un nouveau regard sur des projets.
    h) Même si c’est difficile, n’hésitez pas à fixer les délais cohérents avec votre taux d’occupation. Parfois certains chantiers vous échapperont, mais ils ne desorganiseront pas votre entreprise.
     
    Enfin, félicitation à tous ces entrepreneurs. C’est une aventure difficile mais passionnante. Gardez le cap !
    Respectueusement
    Jean-Jacques

    Le 21 octobre 2009 à 7 h 47 min

  • Idem

    Du courage ? Non, juste  pas le choix ;) Pas d’assedic à la clé,  pas de prime de reconversion, pas d’arrêt maladie pour déprime, pas d’année sabbatique, rien, nada. Quand t’as pas de bouée tu nages, c’est tout. Et oui, j’étais et je suis toujours dans le web. C’est pas remonter qui est dur, c’est d’arrêter la descente parce que c’est un système complet. Tout s’emboite, tout s’enchaîne, tout se suit, tu ne peux plus gérer ton truc parce que ça t’échappe :  l’administration fiscale (ses huissiers) vident ton compte au moment où tu voulais payer ton comptable, du coup celui-ci te largue en mars juste avant le bilan (ce fut mon cas), du coup pas de bilan dans les délais, pas de  CA12, etc, donc pénalités, majorations forfaitaires, etc. ensuite les caisses : taxations d’office… tout ça accroit ta dette vertigineusement, donc tu peux encore moins payer…tu veux emprunter à la banque qui t’envoie paître,du coup tu trouves des trucs pourris genre sur 3 ou 4 ans à des taux d’enfer (crédit Aurore dans mon cas). Alors après, quand cet argent emprunté arrive sur ton compte, tu fais un chèque à l’Urssaf mais la salope (oui!) de la Banque Populaire (merci la banque solidaire) vire la moitié sur ton comte privé, lui aussi à découvert, sans te demander ton avis, donc ton chèque est sans provision suffisante, alors la garce elle rejette la demande de prélèvement d’Orange et crac t’as plus d’internet ni de tél, alors tu cours chez un client mendier une avance, etc etc. Voilà ce qu’est la vie dans ce pays de merde quand t’es pas le fils du président. Je vous jure que je peux en écrire 500 pages… En 2007 chuis même pas aller voter tant les discours (de droite et de gauche) me semblaient à des milliers de kilomètres de mon vécu, et croyez-moi je suis pas prêt de retourner voter…  Ecoeuré à 100 000%

    Le 21 octobre 2009 à 8 h 53 min

  • Idem

    Un bémol :  rencontré une femme des Impôts dont le mari artisan avait vécu la même chose et qui m’a aidé en me faisant des facilités sûrement contraires au règlement + un contrôleur à la TVA lui aussi d’une grande humanité qui m’a rayé une partie des pénalités et laissé un peu d’air. Je les remercie tous les deux.
    Les autres sont des chiens. J’ai pas d’autres mots.

    Le 21 octobre 2009 à 8 h 58 min

  • @idem Aujourd’hui en êtes vous sortis de cette situation ?

    Le 21 octobre 2009 à 9 h 33 min

  • Idem

    Quasiment, oui. Je suis à jour fiscalement, quasi à jour question caisses (petit reliquat RSI 2008 encore en recalculation), fournisseurs payés, compte bancaire créditeur, emprunts liquidés  et plus vu d’huissiers depuis bientôt un an. Récupéré une Carte Bleue. En gros retour à la normale après 5 ans de turbulences,dont 3 (2004>2007) très très durs.
    Le seul truc qui m’a fait rire, c’est fin 2007 quand un huissier m’a exigé 1700 euros pour l’Urssaf (alors que j’étais à jour à ce moment-là, ils avaient juste omis de lui dire) et que du coup j’ai pas pu payer ma TVA d’ octobre, alors, à ma demande, l’administration fiscale a lancé une ATD (saisie) contre l’Urssaf ;-) gééénial !!!!
    Bon mais je suis pas là pour voler la vedette à notre hôte mais pour le soutenir, lui dire que s’il se sent comme un rat pris dans une cage c’est normal, et l’assurer de tout mon soutien.  Ce que tu connais là on est nombreux à l’avoir connu ; certains en sortent, d’autres pas, ça dépend de facteurs microscopiques : une heure de retard, un chèque au jour dit ou pas, un peu d’humanité croisée sur ta route ou pas. Ca tient à peu de choses. Je te souhaite ces petits miracles qui mis bout à bout font qu’on peut remonter la pente. Il te faut aussi un entourage familial, affectif et amical solide. Si ça ça craque, tout craque.

    Le 21 octobre 2009 à 10 h 01 min

  • Beaucoup de choses dites depuis hier soir, il faut que je digère tout ça pour en reparler.

    @Idem : pas de vol de vedette ici, j’ai la prétention de penser que la plus value de ce blog a toujours été la qualité des interventions des commentateurs et leur apport à la discussion, car oui, je fais encore des articles pour lancer si possible des discussions.

    Et j’apprécie fortement ton retour d’expérience qui contrairement à ce que certains ont pu ressentir ne me fait pas peur loin de là. Tu me conforte dans ma vision de la pérennité : la prévoyance.

    Je tiens aussi à préciser certains points qui ont été soulevés un peu plus haut, certains conseils qui sont précieux, mais que j’applique déjà depuis longtemps :

    Je prends toujours 35% d’acompte à la commande sauf pour des minis dossiers réalisés pour des clients en qui j’ai toute confiance.

    Les dossiers dont je parle et qui ont été repoussés étaient tous signés et acomptes versés et c’est bien pour ça que je me suis décidé à embaucher.

    Je suis quelqu’un de prévoyant, si je ne me suis pas versé de salaire ma première année d’exercice et si je ne me verse pas de gros salaire actuellement, c’est justement pour assurer la trésorerie de l’entreprise.

    J’ai de très bonnes relations avec ma banque, je les travaille, ce qui a pour effet que ma banque est d’accord pour me financer ma régulation de charges RSI et peut être de me reconstruire un petit BFR, maintenant on va voir si ça se fait réellement.

    Je travaille ma récurrence,  depuis un an, je propose à mes clients des contrats annuels, actuellement ça paie mes charges locatives et de fonctionnement, d’ici un an, ça devrait également assurer en plus une grande partie des charges salariales.

    Et toutes ces choses sont importantes, car elles me permettent de voir venir assez sereinement cette fin d’année.

     

    Le 21 octobre 2009 à 10 h 20 min

  • Ravi de ces nouvelles.
    Juste pour dire que j’ai connu aussi ces moments salement « spiraleux » où à peine un problème résolu, d’autres tombent, où les institutions, les connaissances tournent le dos sans aucune hésitation.
    Mais, comme disais je ne sais plus quel auteur « Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort… »
    Alors tout mon soutien à celles et ceux qui traversent ces turbulences. Quelques suggestions tirées de mes modestes expériences pour tenter d’y faire face :
    – Ne pas cacher ce qui nous arrive, même si nous avons fait quelques erreurs (d’associés dans mon cas). Il n’y pas de honte ! (Merci chaleureux à ceux qui témoignent ici)
    – Prendre un maximum de recul (très facile à dire), il ne s’agit ni de la santé, ni de l’honneur, mais d’un problème bêtement et purement technique. Combien de navigateurs que j’admire se sont trouvés dans des positions très difficiles sans pour autant quitter leurs sport préféré au prétexte qu’ils avaient cassés lors de leur dernière traversée.
    – Chercher partout de l’aide, ne pas porter seul le fardeau. Par exemple, se faire aider au maximum par des associations, des syndicats pro, des connaissances, qui ont pignon sur rue, qui sont gratuits ou non financièrement intéressés, pour négocier, négocier encore et toujours.
    – Etre persuadé que la banque n’a qu’un objectif « gagner de l’argent » et que tout ce qui n’est pas formellement écrit n’est que des promesses sans engagement.
    –  se convaincre que l’ échec fait partie de la vie, c’est comme ça. Quelques moments pénibles ne doivent pas nous gâcher les nombreux moments heureux passés mais aussi à venir.
    – que les non entrepreneurs, ne peuvent absolument pas comprendre ce qui vous arrive.
    Ce préparer au pire : il n’arrive jamais !
    Chaleureuses salutations à toutes et tous

    Le 21 octobre 2009 à 10 h 23 min

  • @ Aymeric Jacquet
    A vous lire on mesure le sérieux et la rigueur de votre activité et à quel point vous êtes dans une situation dont vous ne semblez aucunement responsable. Ce sont, hélas, les aléas des marchés.
    Alors pour prendre une image qui m’est chère, vous êtes en pleine navigation (certains ne quittent même  pas le port ;-) en train d’affronter une tempête ! Le navire, son équipage et son capitaine sont sur le pont, à la manœuvre et tiennent bon.
    Mais après la tempête, vient fatalement le beau temps. Je ne doute pas que ce mauvais moment ne soit qu’un épisode.
    Bravo pour votre prévoyance et votre ténacité et aussi pour la transmission du goût d’entreprendre.
     
    Bons vents et merci pour ce forum passionnant

    Le 21 octobre 2009 à 10 h 37 min

  • @Jean-Jacques : il faut juste que la tempête ne dure pas trop longtemps. :)

    Le 21 octobre 2009 à 10 h 44 min

  • Ouaips ! Je suis pas météorologue, mais en général ca dure pas ;-)
    Ce qui est sur c’est qu’on a pas la main sur ce genre d’évènements.
    Quand il y a une baisse d’activité, donc un peu de temps disponible,  je m’efforce de la transformer en aubaine (encore des mots…). Si ca peux donner quelques idées voici comment je m’organise selon deux axes d’occupations :
    – Je prends  du temps pour me remettre en forme en faisant ce que je n’avais pas le temps  auparavant ( sport, famille, balade, lecture, passion, repos, découverte..) pour se ré oxygéner l’esprit.
    – l’autre partie pour remettre en ordre l’entreprise ( revoir les outils, les docs, les prix, les technos, faire de la veille, trouver des idées nouvelles…) et prospecter tranquillement (visite de salons, de zones commerciales, lecture d’annuaires, réunions thématiques, entretien de mon réseau, déjeuner avec des confrères,des fournisseurs, des clients…). Comme par hasard, j’en ressors toujours de nouvelles affaires.
     
    A vos commentaires

    Le 21 octobre 2009 à 11 h 12 min

  • @Martin, ce qui est motivant, c’est la ténacité d’Idem. Son histoire me donne la pêche, car je lis, j’apprends, je constate que l’on peut traverser des tempêtes infernales et s’en sortir. Et puis j’aime les battants.
    Jean-Jacques, mille grâces pour vos sages conseils. Les anciens, c’est une mine d’info ;)

    Le 21 octobre 2009 à 11 h 58 min

  • Idem

    @Aymeric
    Si tu en es encore aux « bonnes relations » avec la banque et les administrations c’est que c’est pas si important que ça, la situation est finalement pas si critique.  Si tu n’as pas encore vu passer un seul huissier tant mieux pour toi ;) Le titre « échec » est peut-être alors un peu exagéré dans ce cas,disons que « revers » aurait été mieux approprié. Ce qui n’enlève rien à la difficulté de le vivre, évidemment.

    Le 21 octobre 2009 à 12 h 05 min

  • AQC

    Une réelle faute de gestion, 20.000 EUR en trésorerie est vraiment très très petit, surtout pour prendre des employés. Vous n’aviez apparemment aucun revenu passif. Avez-vous demandé un acompte de 30 ou 40% NON REMBOURSABLE aux clients avant de commencer a travailler ? Quand il n’y a pas de boulot vous devez faire des sites pour votre société, je dirais même que vous auriez peut-être dû faire ces sites avant d’embaucher afin d’avoir un revenu passif plus ou moins important.
    A votre place j’aurai attendu d’avoir 100.000 EUR de trésorerie, ce qui n’est pas si énorme à la vue des contrats que vous aviez a réaliser.

    Le 21 octobre 2009 à 13 h 30 min

  • Boris

    Je découvre ton site ; et les articles sont vraiment originaux/intéreressants. Celui ci est vraiment instructif ; j’avais aussi une employée en cdd 6 mois te la je m’en separe pour des raisons que tu cites : pas besoin de qqn à plein temps, un employé c du boulot et des contraintes en plus etc…

    Le 22 octobre 2009 à 17 h 33 min

  • AQC

    Tu es partout Boris ^_^

    Le 22 octobre 2009 à 18 h 15 min

  • Article très intéressant ! Je te remercie pour l’analyse bien que je ne comprenne pas comment tu es pu rester autant de temps sans démarcher de nouveaux contrats.

    Courage pour la suite

    Le 23 octobre 2009 à 2 h 00 min

  • @idem : comme je le précise dans le début de l’article, je parle d’echec, car c’est mon premier échec en tant qu’entrepreneur. D’un autre côté, si ma banque ne me finance pas ma régule, je vais commencer à être vraiment dans le l’embarras.

    @AQC : faute de gestion, non, je ne pense pas. Avoir 100k euros de trésorerie pour une société comme la mienne, c’est un peu une hérésie, surtout avec seulement 3 ans d’existence. Erreur de management, ça c’est plus probable, comme je le dis, j’aurais du réagir plus tôt.

    Comme je le précise, encore une fois, je demande toujours 35% d’accompte à la commande.

    @Boris : désolé que tu sois dans la même situation.

    @ma confession : je n’ai jamais dit que je n’avais pas prospecté de nouveaux contrats, et c’est d’ailleurs avec ces conrtats que nous avons pu tenir aussi longtemps.

    Le 23 octobre 2009 à 8 h 52 min

  • Mapics

    Merci pour le partage d’expérience, avoir un salarié est toujours délicat car il faut en plus assuré son propre salaire mais aussi celui de la personne que l’on embauche.

    Le 1 mars 2010 à 14 h 26 min

  • Hello Aymeric, très intéressant ton retour d’expérience.
    Cela permet de mieux appréhender les réalités et difficultés du métier d’entrepreneur.

    A la fin de ton post, dans ton bilan, tu dis que tu travailles mieux tout seul.
    Oui, mais dans ces conditions, comment fais-tu face aux pics d’activité ? N’es tu jamais noyé par ta charge de travail ?

    Avoir un employé apporte son lot de contraintes, mais s’il est bien choisi, n’est-il pas une aide non négligeable ?
    Ou alors externalises-tu désormais lorsque tu as besoin d’un coup de main ?
    En tout cas, merci encore, ton article m’a fait réfléchir car je me pose moi-même ces questions; tu as gagné un nouveau lecteur :
    a +
    Baptiste

    Le 7 juin 2010 à 0 h 30 min

  • Étant sous le statut auto entrepreneur depuis peu je comprends ce stress permanent.
    Moi que j’ai beaucoup de travail ( contrat ) ou pas être le seul a bord est vraiment un stress.
    Je ne regrette nullement de mettre lancer a mon compte mais c’est pas évident du tout de gérer tout seul  une entreprise et pouvoir en vivre.
     

    Le 2 août 2010 à 20 h 47 min

  • Comme dit Aymeric, s’être constitué 100 K€ de tréso pour une TPE avec 3 ans d’existence, ce n’est pas possible dans nos domaines d’activité. Et faire du sport, un peu de rangement etc ça va bien quand tu as une petite baisse d’activité passagère mais pas quand tu ne sais plus avec quoi tu vas manger et payer ton loyer le mois prochain. J’ai souri en lisant que les grandes entreprises venaient nous chercher. La plupart du temps, c’est nous qui nous déplaçons pour leur proposer nos services, comme des dizaines d’autres prestataires, alors on est bien content quand ils nous disent « nous avons choisi de vous faire confiance et de vous évaluer sur le projet suivant… »
    @ Idem: tu aurais dû choisir Indemne comme pseudo ! Les galères que tu nous décris sont vraiment poignantes et on s’imagine très bien la situation. C’est fou comme certaines corporations sont peuplées de s****pes (et bien que ce soit un terme féminin, il s’applique tout aussi bien à un homme !). Par contre, tu n’as jamais songé à une liquidation judiciaire dès que tu as vu que ça se barrait en sucette ? Tu plantais là tout ce beau troupeau de vampires en les laissant planter les dents sur le marbre d’une décision de Justice. Déjouer le système en jouant avec les règles du système, c’est la meilleure façon de faire. Par contre, il faut s’organiser en conséquence bien sûr et garder à son nom une vieille 205 pourrie sur lesquels ils iront s’e****rder à essayer de récupérer les sommes qu’ils te réclament en la mettant en vente aux enchères :-))
    Bonne chance à tous, soyez forts !

    Le 11 mai 2011 à 8 h 37 min

  • Ca fait un peu froid dans le dos ton histoire…je trouve ton article tout simplement génial…je me demande si j’ai déjà vu qqun mettre sur son blog à plat avec autant d’humilité l’histoire de son échec…
    Je serai curieux de savoir où est ce que tu en es après 2 ans. Je pense que tu as du largement relevé la tête pour la simple et bonne raison que tu sais te remettre en questions. A partir du moment où tu sais analyser ton échec tu ne peux que faire mieux….
    Je garde cet article au chaud, en espérant que j’arriverai à en faire autant quand j’affronterai mes échecs. merci beaucoup pour cette analyse !

    Le 23 décembre 2011 à 18 h 47 min

2 Rétroliens pour L’échec

  1. Par Revue de presse | Simple Entrepreneur le 2 octobre 2009 à 10 h 38 min

    […] Constat d’échec Les temps sont durs, et encore plus pour les entrepreneurs. Voilà un retour d’expérience qui montre combien il est difficile de planifier l’activité d’une petite entreprise, dans un système beaucoup trop rigide. […]

  2. Par Constat d’échec d’un entrepreneur  | Le blog Emploi le 21 octobre 2009 à 9 h 52 min

    […] Aymeric Jacquet est webdesigner, référenceur, ergonome, formateur, il a créé AJcréa une société spécialisée dans le développement de site internet. Après quelques mois d’exploitation, il nous fait part sur son blog des difficultés auxquelles doit faire face de nombreux créateurs d’entreprise […]