Doit on devenir hors de prix pour gagner sa vie en tant qu’indépendant… expérimenté ?

Money, money, money...

J’ai eu une discussion il y a quelques temps, avec un de mes partenaires, sur des questions de tarifs qui m’a pas mal fait réfléchir sur les problématiques de positionnement commercial.

En effet, cette personne a choisi il y a quelques temps déjà, de devenir « hors de prix » pour ses prestations à la journée.

C’est une personne qui intervient en conseil/formations IT et qui a une activité commerçante en parallèle.

Son pari était simple, tenter de passer de tarifs « classiques », aux alentours de 500 euros la journée, à des tarifs « haut de gamme » à 1500 euros la journée.

Oui, vous avez bien lu, 1500 euros la journée, vous pouvez recommencer à respirer, voila, doucement.

Nous n’avons pas eu le loisir de, réellement, étudier le fond de son raisonnement, mais certains évènements et informations récentes me poussent à penser qu’il a loin d’avoir tort.

Concrètement, quel sont vos tarifs journaliers ? 400 ? 500 ? 600 euros ?

Qu’est ce qui vous distingue d’un prestataire débutant à 200/300 euros la journée ? Comment expliquez-vous à votre client, que oui, vous êtes plus cher que le voisin ? Vous travaillez mieux ? Quelle est votre réelle valeur ajoutée ? Que vendez-vous ?

Combien de jours travaillez vous par mois ? Ou plutôt, combien de jours « facturés » êtes vous capable de travailler en assurant de façon optimum les projets de vos clients ?

Ce maximum vous suffit pour vivre ? Si c’est le cas, c’est bien, mais l’avenir ? Comment voyez-vous votre avenir ?

J’ai fait le choix, en ce début d’année, d’augmenter mes tarifs de façon conséquente, pas au niveau dont je parle plus haut, mais tout de même une réelle augmentation car je me suis rendu compte, en comparant la qualité de mes services, que je n’étais pas cher, vraiment pas cher, quand je me compare à la concurrence.

Ce qui finalement m’a décidé, c’est que je donne beaucoup à mes clients, pas trop, juste beaucoup plus que la majorité des prestataires que je connais, et mes clients le savent, certains me font comprendre parfois, à demi mots, que je ne suis pas assez cher.

Il faut être sur de soi, se vendre à sa réelle valeur, je fais un pari, on va bien voir si ça va fonctionner.

Maintenant, le plus dur, l’expliquer à mes clients…

En complément à cet article vous pouvez lire les articles suivants :

Cordialement,
Aymeric Jacquet

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44 Commentaires pour Doit on devenir hors de prix pour gagner sa vie en tant qu’indépendant… expérimenté ?

  • Surtout qu’en étant moins cher, pour certains, tu es moins crédible…

    Bon courage pour l’explication aux clients ;)

    Le 29 janvier 2008 à 19 h 39 min

  • David Anseaume

    J’ai anciennement fait l’expérience de pratiquer en parallèle des tarifs bas et des tarifs plus conséquents, ce que j’ai pus remarquer c’est qu’en pratiquant des tarifs peu élevé, les clients sont plus exigent car ils pensent plus facilement que comme c’est à bas prix, le travail à effectuer est « négligeable », alors que des clients acceptant des tarifs plus élevés sont moins exigent au final car ils ont déjà une conception plus abouti du travail à effectuer.

    A final, ce que j’ai pus constater c’est qu’en fin de compte, c’est plus vivable (financièrement et moralement) d’avoir moins de clients mais qui apprécient plus ton travail à sa juste valeur

    Le 29 janvier 2008 à 20 h 50 min

  • Le compromis doit être délicat à trouver.
    En tous cas bonne chance pour l’annoncer à tes clients :)

    Le 30 janvier 2008 à 10 h 01 min

  • Réflexion à l’ordre du jour chez moi aussi : pourquoi se facturer en indépendant 450 quand, « sous » une SSII, tu es facturé 900 ? Surtout quand tu leur en donne de toutes façons pour 900…
    Tout à fait d’accord sur le changement de regard que le tarif entraîne chez les clients (respect +)
    Quant à l’explication aux client, ce ne sont pas forcément les mêmes clients au final.

    Le 30 janvier 2008 à 10 h 28 min

  • JulienA, Xuxu : Normalement, ça devrait aller.

    David Enseaume : pas faux cette histoire de perception et de demande du client en fonction du tarif appliqué.

    Fraçois-Xavier Bodin : En général, les SSII ont des frais de fonctionnement plus lourds qu’un indépendant, c’est d’ailleurs ce qui fait que de plus en plus de sociétés font appel à des indépendants, à qualité de travail égale, ils paient moins cher.

    Le plus dur va être de trouver le bon équilibre entre le tarif que l’on voudrait pratiquer, la réalité du marché et la concurrence, et le budget que les clients sont prêts à allouer à tel ou tel projet.

    A un moment, il faut, non seulement faire un choix dans ses tarifs, mais aussi dans ces prestations. Si une prestation est impossible à vendre cher, et donc n’est plus rentable à long terme, doit on l’abandonner ou l’intégrer dans des process commerciaux plus complets ?

    J’y réfléchis beaucoup en ce moment, pour intégrer certaines de mes prestations dans des contrats de Webmastering/SAV/accompagnement, plutôt que dans des dossiers One Shot qui, au final, me coutent plus cher en administratif et commercial que ce qu’ils peuvent me rapporter.

    Le 30 janvier 2008 à 17 h 34 min

  • David Anseaume

    Attention si tu intègres certaines prestations à bien délimiter le cadre de la prestation, par exemple dans le cadre d’un contrat de maintenance tu risques de te retrouver sollicité pour de simples broutilles.

    Le problème est toujours à quel moment on estime que la demande du client est « hors contrat »

    Le 30 janvier 2008 à 20 h 52 min

  • delcroix

    héhéhé…
    L’idée m’a a maintes reprises éffleurée… pourtant, pour l’instant, je pratique toujours des prix de « débutant » lorsque je suis en sous-traitance :-) C’est certainement ce qui m’a permis de « durer » depuis 1988 !
    Par contre, c’est différents en direct !
    Sinon, je pense que la solution est de changer de métier. Je m’explique. Je peux pratiquer les tarifs que je pratique en sous-traitance pour les formations que je donne, car ils correspondent au tarif du marché !
    Par contre, si je me positionne autrement, ce sont d’autres clients que je vise pour la sous-traitance, donc, je change de métier :-) de formateur, je passe à celui de consultant par exemple, mais soyons objectif, ce n’est plus le même travail ! Les problèmes et soucis sont autres.

    Le 30 janvier 2008 à 22 h 48 min

  • David : c’est bien pour ça que je réfléchis longuement à la mise en place de ces contrats, pour les encadre le mieux possible.
    Eric (delcroix) : Là, nous sommes d’accord, je ne pratique pas les même tarifs en tant que sous traitant ou je n’ai aucune gestion commerciale, suivi ou presque, conseil… ou c’est de la prestation brute.

    Tout simplement, parce que sur ce type de prestations, comme tu le dis, les prix du marché sont quasi « fixés » et que ça ne touche pas le même type de services. En général pour ma part, ce sont des actions de formation ou de production pure.

    Le 30 janvier 2008 à 22 h 53 min

  • Lionel

    J’aime bien ta question, même si je trouve sa tournure un peu exagérée (je suppose que c’est volontaire ^^)

    Pour moi, entre les sous et le fait d’être indépendant, il faut choisir : En effet, d’après moi, à compétences et travail facturé égal, un indépendant aura un salaire horaire moins élevé que dans une entreprise, si l’on inclue le temps total passé pour son activité (compta, prospection etc compris). Cependant, biensûr, il y a d’autres avantages indéniables : l’autonomie, la motivation, la liberté, …

    C’est peut être parce que je débute, ou que j’ai une vision étrange de la vie, mais lorsque j’ai choisi de devenir indépendant, j’ai aussi choisi de ne pas gagner « autant » que dans une entreprise : pour dire, actuellement, mon CA n’est même pas au tiers du salaire « normal » que je pourrais avoir dans une entreprise avec mon expérience et mes diplomes, sans compter les éventuelles primes et autres avantages… Mais malgré ça, je suis tout à fait content de mon choix. Bon OK, l’activité débute et (heureusement) je compte quand même quadrupler mon CA d’ici 2 ans. Mais bon, pour moi, indépendant ne rime pas avec « bon salaire », et si j’arrive à avoir 1000€ de bénéfice par mois, ça me suffirait amplement, et je ne pense pas que ça changera dans les prochaines années (certains diront que c’est du à mon age, et que ça changera avec le temps :p ).

    Pour en revenir à la question posée, il faudrait avant tout savoir ce que tu entends par « gagner sa vie », par « hors de prix », et par « expérimenté ». Car après tout, ce sont trois choses très soumises à interprétation : pour moi, « gagner ma vie » c’est juste ne pas avoir de soucis pour boucler les fins de mois, et pouvoir faire face à de petites dépenses imprévus (voiture en panne, sortie occasionelle etc). Pour toi, ce sera peut être (j’invente) pouvoir payer les études de tes enfants dans le futur, et payer un crédit pour acheter une maison, et de jolis cadeaux à Madame (j’insiste, ce ne sont que des exemples choisis totalement au hasard, n’y vois pas d’attaque personnelle ;) ). Pour un autre, ce sera pouvoir acheter une voiture neuve tous les 2 ans etc etc.
    Idem pour le « hors de prix » : pour certains clients, payer 50€ de l’heure, c’est « hors de prix » (j’en entends dire « vous vous rendez compte? Moi je gagne 10€/h, et vous vous facturez 50€/h… Heureusement que je ne fais pas appel à vous souvent, sinon mon salaire n’y suffirait pas »). Pour d’autres, payer 150€ de l’heure n’est pas ennorme, compte tenu des compétences de la personnes, de la rapidité d’intervention etc…
    Et enfin, pour « expérimenté », certains prendront en compte l’ancienneté, d’autres le nombre de projets réalisés, d’autres leur ampleur… Sans parler biensûr de l’appréciation des délais (une personne ayant 5 ans d’expérience est-elle « expérimentée », encore « débutante », entre les deux? Compte-t’on uniquement l’ancienneté en tant qu’indépendant? Le travail exercé avant était-il exactement le même? etc etc).

    Tout ça pour dire que pour moi, il n’est pas nécessaire d’être « hors de prix », pour « gagner sa vie » en tant qu’indépendant « expérimenté ». Biensûr, les prix ne seront pas les mêmes que pour les débutants, différence due à l’expérience, à la notoriété etc, mais il est tout à fait possible de bien gagner sa vie, sans avoir à facturer 500€/h, ni en travailler 150h par semaine ;) Cependant, à volume horaire égal, il est par contre très difficile (toujours d’après moi) de gagner autant que dans une entreprise.

    Bref, comme d’habitude j’ai encore écrit un pavé sans m’en rendre compte :) . Désolé!

    Le 31 janvier 2008 à 2 h 13 min

  • delcroix

    moi, j’aime bien l’analyse de Lionnel et j’adhère :-)

    Le 31 janvier 2008 à 13 h 24 min

  • Lionel : Actuellement « gagner ma vie » correspond assez bien à l’idée que tu t’en fais. ;)

    Lorsque j’étais plus jeune, j’ai beaucoup vécu « au jour le jour », ce temps est révolu, avec l’évolution de ma situation familiale, en effet, je commence plus à penser avenir que juste « Ca va, c’est cool tant que je mange, que j’ai un logement et que je peux aller boire le coup avec les copains. »

    Par « expérimenté, j’entends « expert », des personnes qui comme moi (sans prétention aucune) cumulent expérience dans le temps et fort degré d’expertise, en d’autres termes, qui apportent une réelle valeur ajoutée aux projets de ses clients.

    Je suis bien d’accord que l’expression « gagner sa vie » peut être prise en comprise de nombreuses façons, après tout est question d’objectifs et des moyens mis en place pour les atteindre.

    Désolé, mais gagner 1000 euros par mois, quand tu as mon âge, mon expérience, et mes obligations, ce n’est pas un bon objectif.

    eric (delcroix) : comment il la ramène l’exploiteur des masses laborieuses. ;)

    Le 1 février 2008 à 9 h 56 min

  • Lionel

    Je vais pas lancer un débat sur la société de consommation ;)

    Et d’un autre coté, une partie de mes frais « personnels » sont passés comme frais professionnels avec l’entreprise:
    – Un quart de mes factures d’eau, d’électricité, de gaz, de loyer
    – L’ensemble des factures d’internet, de téléphone, de garage, d’entretien de l’auto
    – Une grosse partie de l’essence aussi
    – Les magasines informatiques
    etc etc…

    Bref, au final, à salaire équivalent, dans mon cas tu as tout de même des avantages. Mais après biensûr, chacun a ses objectifs, sa façon de vivre etc, c’est tout à fait normal ;)

    Perso tant que j’ai un toit, quelque chose dans l’assiette, un bon PC avec une prise pour l’alimenter et une bonne connection internet je suis heureux :D

    Le 1 février 2008 à 21 h 58 min

  • Scott

    Je suis totalement d’accord avec Aymeric par rapport à ce que dit Lionel.

    Travailler pour 1000 euros 60 heures par semaine, c’est pas crédible très longtemps.

    On verra avec le temps si tu peux toujours te permettre de vivre au jour le jour avec les incertitudes que représente ton boulot…

    Le 2 février 2008 à 19 h 34 min

  • Tout-à-fait Ameyric et Scott…

    C’est surtout que Lionel, comme il l’a dit lui-même, débute dans le métier, et donc très probablement aussi un peu dans la vie (aucune offense perso là non plus, voir plus bas).

    En fait ce discours je le connais bien, j’avais le même au départ : je facturais 250/300€/jour et c’était Byzance (surtout juste après avoir quitté un poste à 1500/mois). J’avais très peu de besoins et donc très peu de dépenses, je pouvais mettre un max de côté et je me voyais bien continuer comme ça pendant 50 ans.

    Mais la vie évolue très vite et on se doute pas à quel point, quand on a pas de famille à gérer ni de projets de vie à long terme.
    Aujourd’hui « seulement » 5 ans après la période dont je viens de parler (il s’en passe des trucs entre 25 et 30 ans) je gagne largement plus qu’avant (2/3x plus) et pourtant je n’en suis pas du tout satisfait car je finis certains mois très ric-rac, bien plus qu’avant. Pourtant je ne suis pas plus dépensier ou flambeur (pas trop mon genre), c’est juste que la vie « adulte » coûte bien plus cher, on ne vit pas éternellement d’amour et d’eau fraîche. C’est d’ailleurs pour ça que j’augmente encore aujourd’hui régulièrement mes taros et que je me trouve précisemment dans le genre de problématique évoquée par cet article.

    Tout ça pour dire Lionel que le coup du « indé ou riche il faut choisir » je pense que c’est un point-de-vue dont tu reviendras. Un jour bien gagner ta vie ne sera plus un luxe ou un choix que tu te permets de décliner, mais une simple et pure nécessité pour te maintenir et avancer dans la vie, et puisque tu ne voudras pas forcément pour autant abandonner le statut de freelance tu seras bien obligé de te rendre compte que le but d’entreprendre et de monter sa propre activité, avec tout le travail et les risques que ça implique c’est au contraire de gagner mieux sa vie que celui qui reste aux dépends d’un patron, ce qui est mon cas aujourd’hui si je me compare à mes collègues DA en agence (sinon ça fait un bail que j’aurais laissé tomber).

    Bref tu en es à un stade de réflexion normal voir classique et qui à mon avis ne durera pas forcément, tout comme la définition que tu sembles te faire de « expérimenté » comme le remarque justement Ameyric.

    bonne soirée, bye.

    Le 3 février 2008 à 23 h 31 min

  • delcroix

    oups… j’ai commencé une réponse suite à l’intervention de yamo… mais elle faisait déjà 3 pages :-)) je prépare ma réponse dans un billet de sur mon blog :-)

    Evidement, je ne suis pas de l’avis de Yamo… et je m’oppose au but d’entreprendre de l’entreprise individuelle qui serait de gagner mieux sa vie que celui qui reste aux dépends d’un patron. Pour moi, la seule différence qui m’a toujours guidé : l’indépendance. je peux dire « merde » à une société du jour au lendemain, quitte à ne pas être payé car j’ai mon indépendance (je l’ai déjà fait). Je ne peux pas faire la même chose si je suis salarié ou tout au moins pas aussi vite :-)

    Le 4 février 2008 à 3 h 03 min

  • Lionel

    Ne t’en fais pas yamo, je ne me suis pas du tout senti attaqué ;)

    J’ai surtout l’impression que nous ne nous sommes pas bien compris. Je me suis peut être mal exprimé aussi.

    Oui, biensûr qu’avec le temps, les objectifs/besoins évoluent. C’est justement ce que je pointais du doigt, lorsque j’affirmais que le terme « gagner ça vie » pouvait avoir un sens complètement différent d’une personne à l’autre. Et c’est pour imager ces propos que j’ai pris ma vision de la chose qui, je le sais, est fortement différente de celle d’Aymeric. Je n’ai jamais dit « devenez indépendants et ne gagnez que 1000€, c’est largement sufisant »…

    Idem pour le terme « hors de prix » : J’affirme juste que selon la cible visée, un même tarif peut être perçu soit comme « très abordable », soit comme « hors de prix ». Essayez d’expliquer à un petit restaurant local que vous pouvez lui réaliser un site internet, mais que ça lui coûtera minimum 1500€, il risque de rire jaune. Par contre, proposez la même chose à un restaurant trois étoiles, là ça ne sera pas du tout perçu de la même manière. Pourtant, votre prestation ne change pas : vous avez l’expérience que vous avez, vous proposez les mêmes services, les besoin sont « assez proches » (faire connaître son restaurant, indiquer les menus, les horaires d’ouvertures, les coordonnées de contact…).

    Enfin, et là en effet ça peut être soumis à discussion, je pense qu’en tant qu’indépendant, on a un salaire horaire moins élevé qu’en entreprise pour un post à salaire en rapport avec le travail réalisé.
    Prenons un exemple : Un webmaster sénior, gagnant 2500€/mois. Il fait 35h/semaine, et gagne donc 16.50€/h. Maintenant transposons. Scott parlait de 60h par semaine, soit 260h mensuelles travaillées. On arrive donc à 4290€ de bénéfice mensuel à faire, pour avoir un salaire équivalent… Ajoutons les charges de l’entreprise, disons 50%. Il faut donc un CA mensuel minimum d’environ 8600€.
    Je ne sais pas combien vous gagnez, mais pour moi, compte tenu de la zone géographique où je suis implanté (c’est à dire pas dans une « grand ville », mais plutot à la campagne), réaliser ce CA tous les mois en tant qu’indépendant me semble relativement utopique. Et même là, on pourait considérer que vous êtes perdants, car on ne prends pas en compte les congés payés (forcément, en tant qu’indépendant, il faut bien se les financer), le jours non travaillés (qui n’a jamais été malade, ne s’est jamais cassé quelque chose…?), les horaires moins réguliers, les incertitudes de ce mode de travail…
    Et au fait, le travail n’est plus du tout le même: en entreprise, un webmaster sénior s’occupe principalement de la partie « réalisation » des projets, pas de la prospection des nouveaux clients, du suivi de ceux existants, de la compta de la boîte, du standard téléphonique, de la maintenance informatique, de la formation… Bref, finalement, 2500€/mois pour 35h/semaine ne serait pas le salaire « normal » pour ce genre de travail, compte tenu du nombre de compétences différentes à avoir, et des responsabilités que cela implique… Bref, ce serait largement sous payé!
    D’après vous quel serait le poste le plus représentatif des responsabilités endossées et de la diversité du travail? Ingénieur technico-commercial ? salaire moyen constaté en France :40500€/an; Directeur de projet ? 52300€/an; Directeur informatique ? 80300€/an … (sources : 01net)
    Estimez le CA à réaliser seul biensûr (en n’ométant pas les périodes creuses, les vacances etc) pour gagner le salaire choisi ci-dessus, et comparez à votre bénéfice actuel ;)

    Personnellement la différence me semble indéniable.

    Le 4 février 2008 à 2 h 47 min

  • Lionel

    Je l’attends avec impatience ;) Ca fait toujours plaisir de savoir qu’on n’est pas seul à défendre un certain point de vue ;)

    Le 4 février 2008 à 5 h 01 min

  • Ne vous méprennez pas, si j’ai choisi le freelance c’est par souçis de liberté, et pas autre chose.
    D’ailleurs puisque tu pars sur cet exemple, moi aussi il m’arrive (2 ou 3 fois l’an dernier) de claquer la porte à certains budgets en cours juste parceque je n’ai plus envie de bosser avec tel client qui me saoule, et tant pis pour le pognon.

    Il n’en reste pas moins qu’on peut choisir un travail (ou un mode de travail) par passion ET qui rapporte, j’oserais même dire que c’est un objectif plutôt sain, dans l’ensemble ^^.

    En fait j’ai du mal à saisir pourquoi il faudrait choisir entre travailler dans un cadre idéal et en tirer des revenus substanciels, et c’est un peu ce qui me fait réagir dans le post de Lionel quand il explique qu’on devrait avoir soit l’un soit l’autre. Moi je veux les deux.

    Par rapport aux calculs de Lionel, écoute il est un peu trop tôt pour moi pour me plonger là-dedans sans risquer la fracture des neurones, mais je suis pas sûr que les bases soient bonnes. Personnellement, je ne bosse pas 60h par semaine (j’ai un emploi du temps plus « éclaté » mais j’ai sans aucun doute plus de temps de détente et des heures de travail plus « cools » qu’un salarié si on fait le compte) et je ne paye pas 50% de charge… Du coup je persiste sur l’idée qu’une fois tous les paramètres pris en compte (mois de vacances etc) je gagne effectivement (et pour l’instant en tout cas) aussi bien voire mieux ma vie que la plupart de mes collègues DA d’agence, et c’est une chose qui ne se calcule pas simplement dans les chiffres mensuels. Loger sa famille dans un très grand appart en plein centre de Toulouse alors qu’on bosse avec les agences et pour les prix de Paris, par exemple, je ne connais peu de salariés qui peuvent se le permettre… ça aussi ça devrait faire partie du calcul.
    Je précise que par ailleurs je « débute » dans le monde du free (5 ans d’activité) et que je m’accorde encore une certaine marge de progression.

    Après on est évidemment pas obligés d’être tous d’accord et de voir les choses pareil, je trouve juste un peu dommage qu’on parte sur la base qu’un freelance est censé payer sa liberté par une moins bonne rémunération, c’est un peu fataliste.

    Le 4 février 2008 à 10 h 03 min

  • Lionel

    Je ne dis pas qu’un indépendant gagnera forcément moins, je dis que dans la grande majorité des cas, il n’est pas payé autant qu’il le serait en entreprise, pour un travail/nombre d’heure équivalent. Il ne faut pas prendre ça comme du fatalisme, mais plutot comme une observation personelle.

    D’autre part concernant le nombre d’heure, j’avais lu un article dont voici les propos :
    « La réalisation des contrats absorbe en moyenne 64 % de nos journées de travail, dont 90 % sont effectivement facturées aux clients. Les indépendants consacrent environ 15 % de leur temps de travail à la prospection commerciale et autant à la gestion et l’administration. La part de la prospection dépasse 35 % en phase de démarrage. Enfin, 10 % du temps est consacré à s’informer, se former et mettre au point nos méthodes d’intervention. »

    Donc si tu veux facturer 35h hebdomadaires, en s’appuyant sur ces chiffres, tu arrives bien aux 60h réellement travaillées dont parlait Scott (tu noteras que ce n’est pas moi qui ai donné ce chiffre ;) ).

    Pour les charges, c’est certain qu’elles diffèrent d’une entreprise à l’autre, mais si tu comptes l’eau, l’électricité, le gaz, le logement, le téléphone, la connection internet, le remplacement régulier du matériel, les licences des logiciels, les cotisations obligatoires, les frais de voiture (réparation, essence, changement), les assurances, les frais d’affaire, les impots… Tu peux parfaitement arriver à 50% de charges.

    D’ailleur, toujours dans le même article, il est écrit, je cite :
    « le rapport charges/chiffre d’affaires. Une moyenne sur l’année devrait être très proche des 55 % observés pour l’ensemble des professions libérales ». Comme quoi mon calcul n’est pas si inexacte ;)

    Enfin, comme je te le disais, on ne peux pas dire que ton travail est le même : penses tu, pour prendre ton exemple, que tes collègues d’agences font exactement le même travail que toi? Font-ils les mêmes horaires? Ont-il autant de responsabilité? Autant de taches à acomplir? Biensûr, si tu compares leur poste à tes bénéfices sans tenir compte de tout ça, la comparaison est déjà plus flateuse… Et encore…

    Le 4 février 2008 à 14 h 07 min

  • Bon, pas grand chose à rajouter, je crois que Yamo et moi sommes globalement sur la même longueur d’onde.

    Pour rappel, j’avais déjà parlé des questions de tarifs et de temps travaillé dans un article précédent :

    Quels tarifs pratiquer pour un indépendant ?

    On y retrouve les questions de temps effectivement facturé en relation avec les tarifs à appliquer.

    Le 4 février 2008 à 14 h 23 min

  • hmmm oui… écoute, loin de moi l’idée de tomber dans du dialogue de sourd ou de donner l’impression de vouloir avoir raison à tout prix, mais j’ai quand-même l’impression que tout ton discours est largement théorique, à défaut d’avoir l’expérience d’en parler.

    tes articles et tes pourcentages d’où qu’ils viennent ont sûrement un fondement, mais moi depuis 3 ans j’ai un bilan comptable en fin d’année qui me donne exactement le rapport chrages/ bénef, et non, quoiqu’en dise ton étude, je ne suis ni à 50 ni à 55%, très loin de là, bien que je fasse des efforts pour avoir le plus de frais possibles (au régime réel c’est dans mon intérêt)

    quant au rapport entre les rémunérations des freelances et des intégrés, là aussi c’est pas un article mais les faits qui parlent.
    on pourrait très certainement discuter très longtemps en s’échangeant un par un les avantages/inconvénients de chaque statut, mais moi je vis cette situation depuis 5 ans et je suis très proche d’un grand nombre de collègues en agence avec qui j’en discute longuement, tant il est fréquent que dans ce milieu on passe de free à agence et inversement.

    il en ressort, par constatation une fois de plus, que mon niveau de vie et de rémunération est celui des DC que je connais, pas des DA, et que chez les DC en question, j’en connais d’ailleurs rien que 2 cette année qui envisagent sérieusement de se mettre en free (dont un qui l’a effectivement fait) sans qu’il soit question de baisser de niveau en termes de revenus.

    alors bon une fois de plus je ne veux pas donner l’imporession de m’entêter et je compte pas insister plus à ce niveau d’ailleurs, mais je persiste à croire qu’une partie des choses que tu dis ici seront remises en cause dans l’avenir par toi-même sans qu’on ait vraiment besoinde t’y forcer.

    sur ce j’ai à faire, bonne après-midi à tous ;)

    Le 4 février 2008 à 14 h 35 min

  • Lionel

    C’est sûr, chacun son avis, et je n’essaie pas de te convaincre, juste de t’expliquer ma vision de la chose.

    Tu remarqueras quand même qu’Aymeric, dans le lien cité ci dessus, parle sensiblement des mêmes chiffre que moi, tout comme Scott (pour le temps de travail). Chiffre qui pourtant ne te semblent pas concrets…

    Après, chacun ses conclusions ;)

    Le 4 février 2008 à 16 h 31 min

  • delcroix

    Cela me rappelle une discussion passé sur la liste Rezoting :-) faudrait y faire quelques recherches (Aymeric si tu as le temps, moi, c’est bien connu je suis débordé ;-) C’était une personne qui désirait s’installer comme freelance et qui calculait ses charges… Bref, il travaillait soit disant pour rien en final !

    @ yamo : Merci de nous avoir indiqué que toi aussi tu priviligies l’indépendance ;-)

    Pour ce qui est du niveau de la rémunération, je me rappelle à mes débuts un vieil « indépendant » qui m’avait dit, pour trouver le montant de mes prestations :«C’est simple, tu prends le salaire net que tu voudrais toucher en entreprise, tu ajoutes tes charges, tu divises le tout par le nombre de journée de travail effectif (c’est à dire que tu retires les journées de prospection, d’administratf…) et tu obtiens ton tarif journalier.
    Petit exemple issu de chiffres donnés par Aymeric. Prenons 300 euro par jours. Allez, on estime 20 jours de travail par mois (4×5 jours). Donc, mon salaire mensuel net serait de : (300*15)/2 (estimations à la louche des charges : 50 %) : 2 250 euro par mois de salaire net ! On est déjà au double des 1 000 euro évoqués plus haut. La différence, 250 euro chaque mois, c’est pour les vacances :-)

    Le 4 février 2008 à 21 h 16 min

  • Lionel : je pense sans trop me tromper, que Yamo est enregistré à la maison des Artistes, et crois moi, ça fait une sacrée différence au niveau des « charges ».

    Le 4 février 2008 à 21 h 13 min

  • c’est un peu bizarre comme façon de calculer ses tarifs.
    à partir du moment où on est en indé, à priori pour la liberté comme vous l’avez répété plein de fois, c’est pas forcément pour retomber dans les réflexes et les modes de calculs salariaux. le type aurais pu finir par « mais dans 2 ans si je remplis mes objectifs et que j’arrive à me convaincre je m’accorde une petite augmentation » que ça aurait semblé à peine plus saugrenu.

    en tout état de cause vu la manière dont un indé gagne sa vie je trouve très étrange d’essayer de se baser par automatisme sur des moyennes mensuelles, car dans les faits ça ne fonctionne jamais comme ça…
    pour ma part je ne réfléchis qu’en terme de CA annuel et de trésorerie, mais bon là encore question de méthode chacun gère bien ça comme il le sent, si ça se trouve je suis le seul à trouver ça bizarre ^^

    Le 4 février 2008 à 21 h 40 min

  • Lionel

    Aymeric > Comme je l’ai dit, chaque cas est particulier, et je n’ai jamais mis en doute le fait que yamo ait moins de 50% de charges. Je faisais juste un calcul réalisé à partir des moyennes nationales (arrondies). C’est yamo qui semblait dire que c’était purement théorique, et ne correspondait à rien de réel, ce qui est faux. Le fait qu’il ne s’applique pas dans son cas ne veux pas dire qu’il n’est pas applicable du tout. C’est à chacun de l’adapter à sa situation, biensûr ;)

    delcroix > Visiblement mon exemple de 1000€ vous a tous marqué. Je le dis et je le répère : chaque situation est particulière. Il ne s’agit que d’un cas (le mien), qui est du à des tas de raisons : mon expérience, l’ancienneté de mon entreprise, ma façon de travailler, mon secteur géographique etc etc. Encore une fois, je n’ai JAMAIS dit « il est bien pour un indépendant de gagner 1000€/mois! ». J’ai dit que DANS MON CAS, ça me suffirait amplement actuellement, et je le pense à court et peut être moyen terme. Peut être (sûrement même) que ma vision changera avec le temps, et il est quasi certain que mes tarifs augmenteront avec le temps, l’expérience, l’ancienneté de l’entreprise etc. Je n’ai jamais dit « je vais bosser pour 1000€ par mois toute ma vie »…

    Le 5 février 2008 à 0 h 06 min

  • N’empêche qu’on est maintenant bien loin des généralités un brin affirmatives de tes premiers commentaires sur ce fil à propos du « fait d’être indépendant » ou de la « grande majorité des cas »… ^^
    Mes interventions auront au moins servi à ça, d’ailleurs quelquepart c’était un peu le but.

    Allez bonne nuit à tous ;)

    Le 5 février 2008 à 3 h 21 min

  • les z'ed

    expérimenté ne veut pas dire expert, moi je préfére les indépendants amateurs avertis

    Depuis quelque temps, j’ai mis sous Co.mments la discussion qu’Aymeric a lancé sur son blog, avec un titre que je trouve très provocateur : Doit-on devenir hors de prix pour gagner sa vie en tant qu’indépendant… expérimenté ?. Une manière d’expliquer…

    Le 6 février 2008 à 0 h 21 min

  • delcroix

    Ca y est, ma réponse est en ligne sur mon blog (voir le trackback).
    @ yamo : je n’ai fait que répéter une chose qu’un vieux Monsieur m’avait appris. Pour ma part, je n’ai jamais calculer comme cela :-) mais je trouve que cela prenait tout son sens dans ce débat qui parle beaucoup de comparaison entre l’entreprise et les indépendants.
    @ Lionel : j’ai repris volontairement ce chiffre de 1000 euro car en effet j’ai l’impression qu’il avait marqué les esprits… et c’était pour moi une façon d’illustrer sans te mettre en cause, ni dire que c’était la panacée pour tous :-) D’ailleurs, je suis encore une fois d’accord avec toi sur l’ancienneté de l’entreprise, la façon de travailler, le secteur géographique… qui ont une influence non négligeable sur ce chiffrement.

    Le 6 février 2008 à 0 h 28 min

  • Lionel

    Visiblement, bien que chacun ait sa vision, tout le monde a compris le point de vue des autres. C’est parfait ;)

    yamo > après relecture, je n’ai pas l’impression d’avoir changé de discours. Mais peut être nous sommes nous mieux compris avec les reformulation ;)

    Delcroix > je t’ai adressé le message car tu étais le dernier à avoir employé ce chiffre, mais j’ai bien compris que tu ne le critiquais pas. Je me suis surtout servi ce ce pretexte pour clarifier ma pensée, et qu’elle ne soit pas mal interprétée. Sur ce, je vais lire ta réponse avec intérêt :D

    Le 6 février 2008 à 1 h 14 min

  • KoOziA

    Bonjour,

    Petite intervention rapide pour donner un avis supplémentaire.

    Je crois que Yamo a en effet la plus grande exigence vis à vis de sa situation, ce que je trouve finalement de plus en plus louable. Car j’ai ce sentiment qu’il devient normal de de se contenter de ce que l’on a, sous couvert que l’on vit une époque difficile.

    Alors, s’estimer heureux de vivre d’un métier qu’on aime et sans patron, même si on doit sacrifier tout le reste, pour moi c’est rester dans un shéma de salarié sans ambition par peur de perdre ses acquis.

    Pourquoi ? Est-ce que l’on doit gagner un peu plus que le minimum qu’à la seule condition de subir un travail pénible ?

    Pour ma part, j’ai aussi commencé avec ce genre de calcul à 300 €HT la journée, estimant que c’était déjà cher payé. Et puis quoi ? Lorsque je vois les prestations parfois vendues à prix d’or pour un mépris des clients évident ou une absence totale de compétence, je me dis que finalement me vendre plus cher, c’est aussi dans leur intérêt (mes clients).

    On a parlé de temps de travail, d’heures, de jours… Tout cela n’a pour moi que peu de signification. J’estime (à tord ?) qu’il est difficile pour un indépendant de facturer plus de la moitié de son temps de travail (y’a la prospection, les déplacements, les RDV, les vacances, la gestion, l’administratif, les clients qui pleurent ou qui rient au téléphone, etc…)

    Ce qui veut dire que j’estime que dans un calcul de ce type il faut partir du principe qu’on ne factura jamais plus de 10 journées par mois, soit 120 par an. Dans mon cas je me fixe un objectif à atteindre (dans les années à venir car je n’y suis pas encore) de 100.000 €HT / an, ce qui signifie qu’une journée facturée l’est autour de 800 €HT à temps plein. Au delà, j’estime que ma compétence ne les vaut pas, mais peut-être plus tard ? 100.000 €, à la louche et quand on se débrouille pas trop mal fiscalement, ça nous fait 60.000 dans la poche (l’équivalent d’un salaire net avant impôts de 5.000 € / mois à peu près tous avantages confondus). Encore qu’il faudrait enlever une partie de cette somme pour investir de temps en temps quand même…

    En définitive, les journées de travail facturées n’ont qu’un sens pour le client, pour moi c’est un leur. Car j’estime le prix d’une prestation en fonction d’autres critères et je bricole ensuite la facture pour traduire ça en journées de travail (par exemple, je peux facturer une journée de travail, là où je sais que ça me prendra 4 ou 5 heures : je travail assez vite. Et puis parfois je me trompe et j’y passe plus de temps)

    Pour conclure, je dirais que je gagne en effet en qualité de vie par rapport à un salarié de façon assez considérable, je gère mon temps de travail, j’ai beaucoup plus de temps libre et c’est finalement ce que je recherche avant tout en tant qu’indépendant. Mais si je ne gagne pas beaucoup dans mon cas, en contrepartie je ne travaille que très peu.

    Par exemple 2007 pour moi a été une année râtée (j’ai parié sur des projets qui sont tombés à l’eau) et j’ai dû probablement vivre avec moins de 1500 € / mois, mais si je fais le calcul, j’ai dû travailler l’équivalent de 2 jours à peine par semaine en moyenne. C’est ça le vrai luxe pour moi. Même si l’incertitude n’est pas très confortable, étant jeune (30 ans et pas d’enfants) ça n’est pas encore un problème.

    La morale de ma pensée, c’est que j’aimerais réellement qu’en France le travail soit plus valorisé et qu’on arrête de penser qu’il faille se contenter de ce qu’on a parce qu’une partie de la population exploite de façon démeusurée les autres et lui fasse croire qu’elle ne peut pas prétendre à davantage. Je ne dis pas que se mettre à son compte est facile, loin de là, mais pour ceux qui gèrent leur stress sans passer par la case PeaceMaker et qui sont prêts à supporter une période de chamboulement, c’est un excellent moyen de dire merde à un système qui ne tient plus compte de la valeur des hommes… Et puis, gagner de l’argent n’est pas une honte, surtout quand on aime ce que l’on fait et qu’on le fait bien…

    C’était « my 2 cents »

    Le 10 février 2008 à 15 h 24 min

  • delcroix

    je crois que KoOziA résume bien la situation… difficile de faire des comparaisons, surtout sans référence de quoi l’on parle.

    Il est à Toulouse. Je suis à Lille, Aymeric à Nantes, Lionel dans une petite ville excentrée du Nord, etc. Les marchés sont différents selon les endroits. Première remarque. Le tarif des formations par exemple est différents entre Paris, le Nord et d’autres régions.

    300 euro par jour. Oui, mais pour quoi ? Une formation en direct, une formation en délégation, du graphisme, de la création de site web ? Je ne vois qu’un cas où cela peut s’appliquer et dans ce cas, il est possible de travailler beaucoup plus que 10 jours par mois, sauf si l’on n’est pas très bon ;-)
    Pour ma part, je n’ai jamais travaillé à 300 euro la journée en productions, même en remplacement à moyen terme d’un exé ;-)

    
    

    Enfin, dernière remarque, concernant le coup des 4-5 h de travail facturé une journée (même lorsque l’on travaille vite). Un jour en production PAO, il était convenu qu’une société devait terminer mon travail (vacances obligent). Devant la facture qu’ils avaient remis, j’ai demandé quelques explications. Évidemment, dans le lot, une heure de travail (moi aussi je travaille vite en réalité, j’aurais fais le travail en moins d’une heure, eux aussi !) était facturée une demi journée. Faut pas prendre non plus les clients pour ce qu’ils ne sont pas.
    Enfin, si continuez comme cela, car les formateurs gagnent ainsi des clients (je pense qu’Aymeric a déjà entendu ce genre de remarque qui faisait que les ex clients des gaphistes, des agences… préférait produire ou modifier eux même leurs travaux, et donc, plus de travail pour le graphiste, l’agence…)
    Pour finir ma petite histoire, la société à laquelle était sous-traité ce travail continua quelques années… puis, elle disparue. Liquidation.

    Y’a pas de morale comme KoOziA le suggère. Pour moi, cela ne veut rien dire lorsque j’entends qu’on espère qu’en France, le travail soit plus valorisé. Ca veut dire quoi concrétement ?

    «qu’on arrête de penser qu’il faille se contenter de ce qu’on a parce qu’une partie de la population exploite de façon démeusurée les autres» je vais même me sentir visé ;-) Non, lorsque j’emploie des personnes en sous-traitance, formation, créa… j’applique un juste prix (selon moi) et comme je suis parfois sous-traité, il m’arrive fréquement de refuser des contrats car le prix est la moitié de celui que je demande. Par contre, je pense que le problème n’est pas là dans cette discussion. Mes pires exemples, des formateurs. Un jour à Reims, je rencontre un formateur dans une société de formation nationale qui employait à l’époque pas mal de formateur « indépendant » en délégation. On discute à une pause. Il devait être payé dans les 500 F la journée en salaire :-( Il était en délégation, payé par une société de portage, au travers d’une société spécialisée dans le portage… (vous avez compris j’suis pas certain car ce n’est pas très clair ?)
    J’ai eu beau lui expliquer qu’il ferait mieux de réellement s’installer à son compte, son argument était : «oui, mais ils m’assure X journées de formation par mois». en réalité, il était employé 2-3 jours par semaine, bien loin du compte.
    Une autre. Toujours à Reims. J’appelle un ami là bas. On discute et on parle de formation Flash. Je sais qu’il a des problèmes pour trouver ce type de formateur dans la ville du Champagne. et il me raconte, qu’il a trouvé un formateur flash excellent… 200 euro par jour ! Il vient de la région Nantaise, mais ne facture pas ses frais de déplacement, ni d’hébergement… Pourquoi mon ami aurait-il refusé ses services ?
    La faute à qui ces situations ? À l’exploiteur ou à l’exploité ? Perso, quant ce cas m’arrive et il m’arrive, j’informe la personne qu’elle est en dehors des tarifs et j’augmente ses tarifs.

    «qu’on arrête de penser qu’il faille se contenter de ce qu’on a et lui fasse croire qu’elle ne peut pas prétendre à davantage». Perso, parfois, je préfére prévenir que guerir… Je trouve aussi cela plus honnête de ma part que de faire croire que l’on peut prétendre à davantage démesurément. ah, calife à la place du calife ;-)) je donne ma place à qui veut (faut juste payer le droit d’entrée ;-)

    L’indépendance n’est pas un système qui tient plus compte de la valeur des hommes… C’est un leurre. La valeur des hommes n’a rien à voir là dedans. C’est un monde de requin comme les autres, où seuls les plus robustes ou les plus malins résistent. Par expérience, je sais que l’on a toujours reconnu mes compétences lorsque l’on avait besoin de moi (on donnerait même l’impression de l’amitié), mais si on trouvait une personne aux mêmes compétences, moins cher entre autres, je peux vous assurer que je ne fais pas long feu sur la place !

    Et puis, gagner de l’argent n’est pas une honte, surtout quand on aime ce que l’on fait et qu’on le fait bien… : alors là d’accord, mais on en revient à la question, qu’est que gagner de l’argent :-)

    Le 10 février 2008 à 22 h 51 min

  • On l’aura compris, je suis bien plus d’accord avec l’analyse de kOziaA et Aymeric qu’avec celles de Delcroix ou Lionel…

    J’ai l’impression que de toute façon nous évoluons tous dans des secteurs finalement assez différents et régis par des règles bien à eux.

    delcroix par exemple semble avoir une expérience très axée PAO (c’est en tout cas ce que je comprends en le lisant) alors que c’est un secteur dont j’ignore tout, du coup pas mal de ses considérations me sont étrangères.

    Le coup du « marché local » par exemple. Je suis installé à Toulouse, mais mon marché est national puisque je bosse exclusivement avec les annonceurs via les agences parisiennes (c’est ce que j’expliquais plus haut). J’ai les mêmes prix que Paris bien que je n’y soit plus aujourd’hui (et même très loin), ma situation géographique n’y change rien. Tant qu’à bosser dans le web, autant profiter soi-même d’un de ses plus gros avantages.

    Les tarifs également. Les formateurs Flash que je connais sont à 1000€/jour quand ils bossent en indés direct, et vendus encore bien plus chers lorsqu’ils sous-traitent pour une boite de formation pro… Car eux aussi sont sur le marché national et partent en Bretagne, en RP ou dans le Sud au gré des demandes. Ils n’ont pas eux non plus cette vision « locale » du marché.

    Les tarifs à la journée enfin. Comme KoOziA c’est pour moi purement indicatif. Contrairement à l’exemple que tu donnes delcroix, mes clients s’en foutent un peu, ou alors juste pour me situer lors des premiers contacts, car ils n’achètent pas un prix mais une prestation.
    Ce qui les importe, c’est que pour un budget donné ils aient le meilleur résultat possible, c’est-à-dire exactement ce qu’ils attendaient et un peu plus.
    A partir de là, ils se moquent totalement de savoir si j’ai bien bossé toute les journées facturées. Il n’est d’ailleurs pas rare que certains me proposent d’eux-même (à cause de grosse charrette ou projet difficile) un budget qui est bien supérieur à la valeur théorique des jours que je vais pouvoir passer dessus, juste parce que la valeur globale de la prestation correspond de leur avis à ce budget, hors de simples considérations un peu réductrices de temps passé.
    Bref… personne n’est dupe, et de mon côté aussi je maintiens donc que le tarif/jour est un élément purement indicatif, pas une valeur fixe sur laquelle on viendra me demander des comptes après coup. C’est du moins comme ça que ça fonctionne dans « mon » secteur encore une fois.

    Pour finir… Je ne suis pas sûr que Delcroix tu soies sur le même plan que KoOziA lorsqu’il parle de « valeur », d’où l’incompréhension. Je crois moi aussi au contraire que la valeur individuelle s’exprime d’une autre façon, peut-être plus concrète ou directe, dans le milieu indépendant, mais ce serait compliqué à expliqué dans un commentaire de blog.

    Le 11 février 2008 à 1 h 12 min

  • KoOziA

    @Delcroix : Je pense que, comme tu le dis, nous évoluons dans des secteurs différents qui expliquent en partie nos différences de points de vue. Pour avoir l’un de mes anciens formateurs en PAO, il est vrai qu’il est coutumier de parler d’heures de travail en exé. Mais c’est assez loin des problématiques d’un indépendant qui propose une prestation plus globale.

    C’est là où je rejoins yamo, car mes clients, comme pour lui, ne décortiquent pas mes factures, ils voient le prix total en bas qui doit correspondre à leur réalité de budget. Ensuite, on peut toujours discuter, mais je leur fais comprendre que c’est une façon de faire que je désapprouve. Je préfère qu’on discute de la légitimité de mon intervention en fonction de leurs moyens et j’essaie de trouver des solutions alternatives si je suis trop cher pour une mission, c’est aussi ça mon idée du service : savoir bien conseiller mes clients. Et ça pourrait paraître dérisoire, mais c’est vraiment très précieux et bien souvent c’est là qu’on tire le plus gros de la valeur ajoutée d’un travail, car des cas de pertes financières pour des erreurs de prestations j’en ai vu passé déjà quelques unes lors de ma courte carrière d’indépendant.

    Bref, c’est vrai que je suis loin de faire de la « simple » exécution, puisque j’interviens sur des projets de façon assez globale et j’aide même mes clients à développer de nouveaux services pendant mes missions, car c’est aussi dans mon intérêt qu’ils développent leur affaire…

    Et Delcroix, je n’avais pas fait attention au fait que tu étais employeur, donc plus tout à fait indépendant, la vision du business diverge donc assez naturellement. Tu parles de prévenir ceux qui sous-facturent leurs prestation, c’est tout à ton honneur et même indirectement dans ton intérêt comme du nôtre. Pourtant, c’est rarement ce qui se passe malheureusement et dans la réponse que j’ai faite à Aymeric par email, je lui donnais l’exemple d’un de mes amis qui est aujourd’hui en surendettement pour s’être mis à son compte et avoir mal évalué son taux de facturation. Il a très vite été catalogué comme l’esclave de service qu’on paye au lance pierre, aujourd’hui il a une trouille bleue de travailler à nouveau seul…

    Comme tu le dis, c’est de sa faute, entièrement… Mais ça montre tout de même qu’on ne peut donner le meilleur que dans de bonnes conditions, sans se soucier de fins de mois au téléphone avec son banquier et sans courir après le temps pour rendre une prestation.

    J’ai moi aussi travaillé à Paris et je suis à présent moi aussi toulousain, je vois les choses assez différement depuis. C’est aussi parce que j’organise en permanence mon activité avec cet objectif transversal d’être aussi efficace que possible pour préserver ma qualité de vie. C’est sur que je vais prendre probablement pas mal de temps avant d’atteindre le revenu que j’espère bien tirer de mon activité (parce qu’il faut que je trouve la clientèle qui va bien), mais au final, je pense faire le bon choix : )

    Le 11 février 2008 à 10 h 22 min

  • delcroix

    juste pour remettre les choses en place… je dois être un cas ;-) je suis à la fois formateur (en direct et en délégation), je dirige en même temps un centre de formation, j’ai travaillé et continue de manière épisodique en éxé (là aussi, je délégue parfois) et je travaille également seul (mais là aussi je pratique la délégaton) en référencement, créa de site web (même si c’est principalement sur le contenu maintenant), même du elearning, etc. :-)

    Ceci explique mes différentes positions et le fait que j’insiste sur les raisons de bien préciser les domaines d’activités dont on parle :-)

    Ah oui, j’oubliais, je fais aussi des conféences et du conseil :-)

    Que voulez vous, 20 ans dans le milieu, cela aide ;-)

    Le 11 février 2008 à 17 h 38 min

  • Tout d’abord, merci de vos différentes interventions (on va encore me dire que les commentaires sur l’AJblog sont plus longs que les billets), même si, en y regardant de plus près, tout le monde reste un peu sur ses positions.

    Ce que je vous propose, comme souvent depuis la création de ce blog, c’est de faire un billet de synthèse à partir des différentes contributions, et voir ce que je peux en tirer de concret.

    Le 13 février 2008 à 11 h 44 min

  • delcroix

    chouette, on va encore pouvoir pinailler :-)

    Le 14 février 2008 à 0 h 39 min

  • Lionel

    J’attends le deuxième round avec impatience Aymeric ;)

    Le 15 février 2008 à 18 h 41 min

  • Métiers passions et/ou rémunérateurs

    Ce billet fait suite aux commentaires que j’ai pu lire sur le billet Doit on devenir hors de prix pour gagner sa vie en tant qu’indépendant… expérimenté ? du blog d’Aymeric Jacquet. J’y ai retrouvé les mêmes arguments avancés par certains

    Le 8 mars 2008 à 11 h 34 min

  • Oulalala, j’arrive complètement à la bourre dans la discussion. Je n’ai pas trouvé le résumé, mais peut être ais-je mal cherché.

    Je discutais l’autre jour avec un consultant en développement durable qui a 30 ans, comme moi. Il facture au minimum 1.200 euros ces journées, là où je tourne entre 500 et 700 en tant que consultant pour les médias.

    On a commencé par dire qu’évidemment, tout dépend du secteur dans lequel on intervient. En l’occurence, Total est plus riche qu’un groupe de presse. Ils ne sont donc pas choqués lorsqu’ils paient 1.200 un indépendant quand par ailleurs ils paient 3.000 voir 5.000 euros des consultants techniques pour leur plateforme.

    Mais assez vite, je me suis rendu compte qu’une journée facturée pour lui correspondait à 2 voir 3 journées de boulot, là où je facture ce que je travaille. Finalement on retombe à peu près sur nos pieds donc.

    Sinon j’en profite pour vous dire que j’ai la chance d’avoir des clients sur le long terme et que c’est auprès d’eux que je fais des efforts. On devient de plus en plus pertinents pour un client quand on lui fait gagner du temps parce qu’on connait les valeurs de la boite, son fonctionnement, etc.


    Enfin, merci pour ton blog à la fois pour les billets mais aussi (surtout ??) pour les commentaires, au top (je parle pas du mien, hein :)

    Le 8 mai 2008 à 11 h 56 min

  • Cedric : effectivement, un peu en retard. ;)

    Merci pour cet apport de point de vue, qui rejoignent assez ce que je peux en penser et merci également pour les commentateurs qui effectivement, sont comme souvent, une vrai valeur ajoutée aux discussions sur ce blog, surtout pour des discussions comme celle-ci à fort potentiel trollesque.

    Le 9 mai 2008 à 11 h 05 min

  • Fred

    Bonjour Aymeric,

    L’article a peut-être plus d’un an, mais il reste d’actualité.
    C’est un peu dommage de ne pas évoquer le marché dans ce sujet, non ?
    Je ne peux pas fabriquer des boîtes de conserve que je vais vendre à X euros pièce si j’ai des concurrents qui vendent tous à mon tarif moins 30 ou 50%.

    Tout ça pour dire qu’aujourd’hui le facteur offshore est largement répandu dans les prestations de service (sauf la formation pour ce qui nous concerne). Quand on voit que des personnes qualifiées et très compétentes proposent aujourd’hui en Inde, en Ukraine, Pologne ou maghreb des prestations à 15 $ (ce sont bien des dollards) de l’heure, il y a de quoi être inquiet, surtout lorsque des grandes agences françaises font régulièrement appel au offshore.

    Le 26 février 2009 à 17 h 34 min

  • pounee

    J’apporte ma pierre à l’édifice…
    Pour 2008, j’ai du faire un CA autour de 100K, pour un bénéfice de 70K… avec un tarif à 450 jour.

    Je sais que ce tarif n’est pas très élevé (DA web parisien) mais mon domaine (le web) est moins cher que le reste des disciplines de la créa (et c’est ce qui nous sauve en ce moment), ensuite je travaille avec pratiquement toujours les mêmes agences (donc sans presque aucun trou majeur dans l’année), et surtout je facture à l’heure (donc au final je dépasse parfois de très largement les 450 jour).

    Comme l’a dis Yamo, et je le rejoins sur beaucoup de choses, j’essaye de garder une certaine marge de progression chaque année ou du moins tous les 2 ans. Le hic en fait, c’est que ma clientèle m’est acquise, seulement si elle est convaincue de ma valeur et me suivra, négocier des tarifs à la hausse est toujours délicat où un free (même le meilleur) qui s’adresse à une agence avec des DA sera toujours sur un siège éjectable. 

    augmenter ses tarifs pour « prendre de la valeur », ok l’idée se tient. Mais c’est un pari risqué que de creuser un fossé si grand et de tirer autant sur votre compétitivité.

    En fait, je pense que ce n’est jouable que pour ceux qui réussissent à avoir une certaine reconnaissance professionnelle. Mais tant qu’on est pas vraiment sorti de l’anonymat, je ne prendrais pas ce risque. Du moins pas tout de suite.

    Le 10 juin 2009 à 1 h 44 min

  • Bonjour,
    Post ancien, mais surement toujours d’actualité. L’art de fixer son prix. Belle question.
     
    Voici quelques enseignements et quelques pistes. A chacun de se faire son avis.
    1. Le prix dépend déjà du marché. Il faut donc déterminer avec soin son contenu objectif et subjectif à savoir :
    – le temps passé,
    – la compétence professionnelle incluse,
    – l’expérience,
    – la créativité,
    – le savoir faire,
    – la qualité,
    – le délai de livraison,
    – la technicité impliquée,
    Le prix est donc un paquet. Une fois que vous connaissez celui du marché, jugez de ce que vous avez en plus et en moins.
    2. Il est très rare de pouvoir augmenter ses prix, donc partez haut et si besoin est, appliquez un bonus au client que vous souhaitez conquérir.
    3. Le prix vendu entraine une consommation en temps. Votre capital temps est limité. Donc pensez à faire un calcul simple vis à vis de votre seuil de rentabilité. Il faut que je vende X heures ou jours par mois pour être au point mort ( Recettes – dépenses = 0)
    4. Dans le temps vendu, doit y être inclus un % de temps nécessaire à faire fonctionner votre activité (temps de prospection, gestion, administratif, R&D, veille, imprévus, salons, équipements et outils…)
    Pour exemple, un raisonnement par l’absurde, pas tout à fait faut. Imaginons que votre point mort soit à 2.000 euro/mois (charges incluses). Vous décidez de pratiquer un prix de 1.000 euro par jour. En deux jours vendus vous avez atteint le point mort. A 500 euro en 4 jours, ainsi de suite…
    Il suffit donc ensuite de vérifier que sur le marché sur lequel vous êtes et compte tenu de la valeur de votre prestation perçue par les clients,  votre prix unitaire (la journée par exemple) est juste et concurrentiel (Pas trop élevé vis à vis de vos compétiteurs)
    N’hésitez pas à avoir plusieurs prix unitaires adaptés à chaque type de prestation. Pour y parvenir, découpez votre prestation en réfléchissant aux compétences qu’elles nécessitent pour la réaliser (niveau ingénieur, technicien,…) et ce même si c’est la même personne qui la réalise.
    Vous pouvez également pratiquer des tarifs préférentiels aux clients qui s’engagent à vous faire travailler de façon récurrente. Imaginez un barème de consommation annuelle par client.
    5. Le juste niveau de qualité : Dernier point, avant d’annoncer un prix, déterminez précisément le niveau de qualité attendue par le client et conformez y vous strictement, même si vous êtes capable de faire beaucoup mieux. Cela ne vous empêche pas de proposer des compléments optionnels.
    En effet, lorsqu’un client exige un niveau qualité X et que vous réalisez une prestation de qualité supérieure pour lui faire plaisir, par exemple, sachez qu’il lui est impossible objectivement d’en mesurer la valeur réelle et donc d’estimer le prix qu’il aurait du payer. C’est donc pour lui un cadeau sans valeur, qui peut même se retourner contre vous si cela a entrainé des complications, un délai plus long…
    A l’inverse, un client déçu , et c’est normal, sera très négatif. Veillez dans ce cas à corriger le niveau de qualité ou la définition de la prestation.
    6. La rentabilité dépend aussi de votre bonne organisation certes métier (savoir faire), mais aussi en terme de gestion. Pensez à automatiser les procédures, à  faire des devis clairs, à demander des acomptes, à faire signer des PV de recettes, à facturer sans délais, à relancer les clients qui ne règlent pas… Tout cela vous fera aussi gagner du temps et contribuera à une meilleure rentabilité de chaque heure passée.
    7. Augmenter ses tarifs : Sauf cas exceptionnel, notoriété soudaine, vous ne pouvez pas pour un même prestation augmenter vos tarifs annuellement sauf selon les indices en vigueur dans votre métier. Le client ne peut pas le comprendre. Par contre, ajoutez de nouvelles prestations ( usage de nouvelles technologies, techniques, méthodes, environnement…) ou de nouveaux services ( délais réduits garantis…) qui enrichissent votre gamme de prestation et justifient elles mêmes un prix unitaire plus élevé.
    A votre disposition pour échanger sur ce sujet et d’autres
     
    Cordialement
    JJ

    Le 21 octobre 2009 à 8 h 30 min