Retour sur le coup de gueule sur les "amateurs" du web et les contributions des lecteurs

Pour rappel, le billet d’origine : Marre des créations « professionnelles » par des amateurs.

De ce qui n’était, à la base, qu’un coup de colère (d’accord, à fort potentiel trollesque), c’est un peu transformé en règlement de compte et défouloir de chacun contre tel ou tel type « d’amateur » que nous percevons à tort ou à raison comme nuisibles à notre profession. Mais le sont-ils réellement?

De nombreux avatars de ces « nuisibles » ont été cités, je vais essayer d’en dresser la liste et de vous donner mon avis sur chacun d’eux.

Ces concurrents que l’on aime détester

Le champion toutes catégories : le neveu du cousin du beau-frère qui a programmé son premier jeu à 6 ans

Vous ne pouvez tout simplement pas lutter, il est trop fort en plus il rend service à la famille et la plupart du temps il travaille gratuitement ou pour pas grand chose.

Ce n’est pas un concurrent, pas encore, mais il peut le devenir à l’avenir. Par contre, c’est un casseur de dossier et c’est là que réside son réel potentiel de nuisance. Il risque de « profiter », la plupart du temps involontairement, des conseils que vous avez prodigués à votre client. Ca se joue en général au détour d’une conversation familiale. « Ah tu veux faire un site internet ? Ca tombe bien, Kévin en fait, tu devrais lui demander. »

Mais attention, Kévin est parfois très efficace, si il est réellement passionné, il écume tous les forums qui parlent technologies Web et Design, même s’il lui manque l’expérience métier et une connaissance approfondie de la communication, il a souvent de réelles compétences techniques.

Rassurez-vous, un client qui préfère faire réaliser son projet par son neveu n’était pas réellement un client pour vous, alors pas de regrets (on se rassure comme on peu hein).

L’étudiant qui veut se faire des références et qui travaille

On y retrouve majoritairement des étudiants en arts graphiques ou filière proches. Pourquoi me direz-vous ? Tout simplement parce que ce sont à peu près les seuls qui ont la culture du book.

Leur clientèle principale : les associations.

Il travaille souvent au noir, pas très cher, il veut surtout améliorer son ordinaire et on ne peut pas lui en vouloir.

Il écume souvent les « places de marchés » et a de réelles capacités de création graphique qui peuvent bluffer un client potentiel, mais bien souvent, ça s’arrête là.

Bien que je ne le considère pas comme un concurrent direct (nous ne ciblons en général pas la même clientèle) il se transforme bien souvent en ce que j’appelle mon « ennemi héréditaire » :

Le graphiste qui fait du web

Attention, je dis bien, « qui fait du web » et non pas « qui sait faire du web« , je connais des graphistes qui se sont réellement investis dans le métier et qui ont fait évoluer leurs compétences en fonction.

« Le graphiste qui fait du web » est un réel concurrent car il bluffe souvent sa clientèle par une création « qui pête ». Flash est son ami, l’html c’est bon pour les geeks et ces binoclards d’informaticiens.

Sa nuisance sur le marché est facile à identifier, il a un réel pouvoir de captation de la clientèle du fait de son positionnement sur le marché de la communication graphique, il « package » : « je vous fais votre logo, votre plaquette et votre site web dans la foulée ».

De fait, intégrant la réalisation web dans un processus plus complet, il tire les prix vers le bas, d’autant plus que ses méthodes de production lui permettent de réaliser des sites internet très rapidement.

Croyez-moi, quelqu’un qui a de vraies compétences graphiques et qui maîtrise bien flash peut vous faire un site qui a de la gueule, qui bouge, qui bluffe en beaucoup moins de temps qu’il ne vous en faut pour ne serait-ce que vendre votre produit et vos conseils.

Ne pas oublier que bien souvent il a de bonnes connaissances en communication graphique et que, de fait, ses réalisations tiennent la route jusqu’à un certain point.

Mais il n’est pas le seul à se positionner sur le marché de la création Internet, pour beaucoup de personnes, c’est un véritable eldorado, c’est ainsi que l’on va retrouver l’avatar suivant :

Mon boucher fait des sites web

Je suis volontairement ironique, c’est cette catégorie que « j’attaquais » dans mon billet coup de gueule.

Le nombre d’entreprises, de tous secteurs (pour peu qu’ils aient un rapport plus ou moins lointain avec l’informatique), qui prétendent faire des sites internet est tout simplement impressionnant.

L’exemple le plus marquant : les magasins d’informatique. Je crois bien que tous les magasins dans lesquels j’ai pu aller récemment font des sites internet, parfois ils ont même de vraies web agencies intégrées, mais là on n’est plus dans la même catégorie.

Leur force ? Comme le graphiste, un pouvoir de captation important via un autre produit ou service, une clientèle d’entreprises ou de particuliers (et la plupart des particuliers travaillent dans une entreprise), pignon sur rue ET une vitrine/devanture, ainsi qu’une proximité importante avec leur clientèle.

Ile ne sont pas des professionnels du secteur, mais des utilisateurs avertis d’internet et de ce fait peuvent aisément passer pour des professionnels auprès d’une clientèle potentielle.

Ils sont, à mon avis, les concurrents qui ont le plus grand potentiel de nuisance sur le marché et ce pour plusieurs raisons :

  • Des prix en général plus bas (grosso modo pour les mêmes raisons que le graphiste, mais là, c’est dreamweaver qui est leur ami).
  • Un fort pouvoir de captation de la clientèle locale.
  • Ils sont perçus comme des professionnels (et avec raison) mais de leur secteur d’activité sauf que bien souvent pour le client final c’est du pareil au même.
  • Les relations professionnelles qu’ils ont avec leurs clients vont biaiser la vision de ces derniers face au marché.
  • Internet n’est pour eux, souvent, qu’un plus à leur activité et n’auront pas de réels suivis des projets de leur clientèle au niveau de l’évolution de leurs besoins.

Leurs clients, vous aurez du mal à les récupérer, sauf si eux-mêmes ont entre temps appris et pris conscience de ce qu’internet pouvait réellement leur apporter, mais hélas, bien souvent ils auront dépensé de l’argent pour pas grand chose et ne seront pas à même d’en dépenser à nouveau.

J’ai gardé pour la fin ceux qui semblent le plus vous marquer :

Les casseurs de prix

Vous avez été presque unanimes sur les casseurs de prix, comme si ceux-ci vous faisaient réellement peur.

Je vous donne tout de suite mon avis : moquez-vous en, comme de votre première chaussette.

On pourrait créer deux sous catégories dans ce domaine :

Les vrais casseurs de prix

Ceux qui font des devis au ras des pâquerettes, ceux dont un client vous a déjà présenté un devis et vous avez eu beau recalculer dans tous les sens, vous n’avez pas réussi à comprendre comment il pouvait proposer des tarifs aussi bas.

Plusieurs raisons à ça, il peut s’agir soit d’un négociant qui ne travaille qu’avec des entreprises étrangères où la main d’oeuvre et les charges sont à faible coût.

Là, sincèrement, impossible de lutter car vous avez affaire à des gens intelligents qui peuvent en plus proposer des services de qualité, voir de très grande qualité à des prix imbattables; bienvenue dans la mondialisation des marchés et des compétences. ;)

A savoir que je reçois toutes les semaines des propositions de services de sociétés du Maghreb, d’Afrique Noire, de Madagascar, de Hongrie, de Pologne ou d’ailleurs.

Et je peux vous dire que certaines de ces entreprises font un très très bon travail.

Pour vous rassurer, je vais vous dire ce que j’ai répondu à un étudiant en formation d’infographiste qui m’avait balancé que les mecs comme moi étaient voués à disparaitre face à la concurrence étrangère :

Tu sais, les professionnels de mon secteur d’activité sur Paris sont en général entre 25% et 50% plus chers que moi. A ce jour, je pense qu’il y a toujours des gens qui travaillent sur Paris non ?

Ensuite dans la classe des « vrais casseurs de prix » on retrouve aussi les professionnels qui font du rab, qui arrondissent les fins de mois en faisant du free, soit parce qu’on le leur demande, soit parce qu’ils ont des réseaux ou écument les places de marchés.

Ils font des tarifs bas car dans les faits, c’est de l’argent de poche, ils ont déjà un salaire, qu’ils ont des charges minimales, soit en micro entreprise soit en portage salarial (le portage salarial a la préférences puisque en plus on ne s’emmerde plus avec l’administratif).

Encore une fois, difficile de lutter, car bien souvent ce sont de réels professionnels et qui peuvent capter une clientèle qui aurait pu être la vôtre de par sa présence dans de multiples réseaux.

Le gros souci face à cette concurrence est que effectivement il peut « casser le marché », il s’en moque, pour lui c’est un plus à rajouter à son salaire.

Passons à la sous catégorie suivante :

Les pseudo casseurs de prix

Je prends l’exemple de Lionel car il a eu le courage d’exprimer son point de vue ‘à part » dans un sujet assez chaud : la location ou paiement mensuel en fonction du contenu.

Ce n’est pas un « cassage » de prix, même si ça peut fortement y ressembler, c’est juste un modèle économique totalement différent du nôtre qui, je le pense sincèrement, ne concerne pas la même clientèle, du moins pas dans son entier.

Ce n’est pas un modèle économique auquel j’adhère personnellement, mais dans les faits, quelle est la différence avec les plateformes de sites « tout en un » ? Aucune, si ce n’est, peut-être, un service plus personnalisé.

Là où la différence fondamentale réside, c’est dans la rapidité du gain pour l’entreprise.

Je réalise, je facture : gain immédiat.
Je réalise, je fais payer un peu chaque mois : gain à long terme potentiellement supérieur au gain immédiat.

C’est effectivement un positionnement commercial dangereux car dans l’esprit du client (si il ne calcule pas à long terme) on se rapproche d’un service presque gratuit.

Pour en finir avec cette histoire

Cette liste, on pourrait la transposer dans pas mal de secteurs d’activité, secteurs qui pour certains marchent très bien (je pense particulièrement au bâtiment).

Cette concurrence existe, nous le savons et nous devons faire avec, à nous de prouver à notre clientèle que nous valons les prix que nous proposons avec une politique commerciale claire, une offre réelle, une réelle qualité.

Quelques conseils (suprême prétention) simples pour finir ce billet qui commence à être réellement très long :

  • Ayez un positionnement commercial clair (suis-je dans le qualitatif ou le quantitatif ?).
  • Choisissez vos clients (oui je sais, cela semble facile à dire, mais si vous ne sentez pas un client, laissez tomber, un client pénible ou chieur le sera du début à la fin et vous aurez du mal à vous faire payer au final vous perdrez de l’argent.)
  • Donnez-vous à fond pour vos clients, toujours.
  • Soyez honnête, toujours.

Ce sera tout pour aujourd’hui je pense.

Cordialement,
Aymeric Jacquet

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18 Commentaires pour Retour sur le coup de gueule sur les "amateurs" du web et les contributions des lecteurs

  • Pour concevoir mon blog et surtout l’améliorer je devais recourir à une compétence externe. Deux solutions : soit utiliser les services d’un étudiant, qui visiblement avait de fortes compétences, soit utiliser les services de AYMERIC qui étaient deux fois plus chères.

    Je vous rassure en étant dans la finance, et n’étant pas altruiste par nature, j’ai étudié avec sérieux les deux propositions et j’ai préféré la solution AYMERIC car:

    – elle m’assurait de la continuité: un étudiant peut m’aider ponctuellement mais dans un an , deux ans… où sera t il..? or mes incompétences techniques en la matière seront éternelles

    – j’achète « une marque »: pourquoi les marques sont importantes dans les actes d’achats quotidiens des français..parce que la plupart des produits que l’on achète sont tellement techniques et complexes qu’il est difficile de les analyser.

    Faites le test autour de vous avec un achat simple: une voiture. Demander à votre interlocuteur pourquoi entre la luguna et la C5 il a choisi.. vous verrez que les réponses sont bateaux..Soyez cruel et demandez le lui en quoi l’une est plus fiable, plus résistante….

    Ceci est logique car si pour tous les achats quotidiens ont souhaite disposer de toutes les informations nécessaires, il faudrait arrêter de travailler.

    Tout cela pour vous dire que lorsque l’on y connait rien à la technique acheter une marque c’est rassurant…. Donc acheter les compétences d’une entreprise déclarée, qui a des clients c’est plutôt rassurant.

    – troisième explication du choix: le comportement commercial. Entre un prestataire qui écoute votre demande et celui qui déjà vous conseille… et donc le fait gratuitement.. cela met en confiance sur l’implication..

    Voila pour mon cas particulier.

    Aymeric voici moin RIB: 2254 5858 j556

    Merci

    Le 22 juin 2007 à 13 h 24 min

  • Lionel

    Tiens, je me suis reconnu ;) Visiblement j’avais mal compris le sens de ton billet : je pensais que tu parlais des « nuisibles » de la profession (ceux qui la décrédibilisent), et non les « nuisibles », que j’aurais nommé concurent, de ton marché (ceux qui te causent du tord à toi personnellement, si l’on peux dire). N’y vois là rien de péjoratif, je corrige juste ma vision de ton billet.

    La question qui me brûle les lèvres… C’est « à partir de quand considérez-vous que l’on casse les prix »? En effet, selon notre situation, on peux facturer 30€ par heure et en tirer un bénéfice supérieur (micro entreprise, pas de salariés, pas de boutique, peu de charges) à un autre, qui en demande 70 (mais qui a des salariés, une boutique, des frais élevés par exemple pour des voitures de fonction, etc). Pour moi, casser les prix, c’est facturer « plus bas que bas », histoire d’atirer la clientelle, même si le bénéfice réalisé n’est pas raisonnable. C’est un genre de pratique commerciale. Or, dans les réactions que j’ai lues de l’ancien billet et de celui ci, j’ai l’impression que vous identifiez les « casseurs de prix » à ceux qui facturent moins cher que VOUS. C’est là le plaisir de la libre concurence : savoir s’organiser au mieux pour titre les prix au plus bas tout en tirant une marge suffisante pour en vivre, et de ce fait se démarquer des « autres ». Et attention à ne pas confondre « casser les prix » et « faire du mauvais boulot » (tu l’as bien fait Aymeric). Les deux ne sont pas forcément lié.

    Pour moi, les concurents « locaux » qui cassent les prix ne sont pas à concidérer comme nuisance. En effet, ils permettent de faire évoluer le marché, et profitent au client (si tout le monde facture autant, pourquoi baisser les prix??? C’est de l’entante commerciale). Par contre, là on en effet je trouve qu’il y a nuisance, c’est lorsque la concurence vient de la sous-traitance. Personne en France pourra faire un site ET EN VIVRE à un prix plus bas que ce que proposera un sous-traitant en chine ou dans des pays où la main d’oeuvre ne coute presque rien… C’est le plaisir de la mondialisation comme disait Aymeric, et hélas nous ne pouvons rien faire à notre niveau. A part proposer un service de proximité, un contact humain, qu’eux ne peuvent pas avoir. A quand la sur-taxe pour les pays de ce type, afin d’égaliser les prix? Mais là on change de sujet.

    En tous cas merci Aymeric pour tes billet très intéressants, qui nous font réagir, mais qui justement nous font échanger nos points de vue! Ca me donne envie de créer un blog moi aussi, tout ça… Mais je pense que je ne saurais pas quoi mettre dedans :S Pas assez d’imagination :)

    Le 22 juin 2007 à 14 h 32 min

  • Jean-Philippe : merci pour ce témoignage qui éclaire un peu plus le débat du point de vue client. Point de vue que nous avons parfois un peu tendance à oublier.

    Euhhh pour le paiement, je te prévois un avoir en modifications sur ton blog ? ;)

    Lionel : avant toute réponse, un point que je n’ai peut-être pas assez mis en avant : en fait personnellement, je ne m’intéresse que peu à la concurrence. J’ai actuellement un mode de fonctionnement assez particulier : je ne prospecte pas.

    Le terme « nuisible » en fait faisait référence à vos réactions à tous, on sentait bien que quelques petites choses vous titillaient.

    Concernant la concurrence, elle est, bien sur, bénéfique tant qu’elle reste « loyale » et logique par rapport au marché. Un indépendant débutant sera toujours (ou presque) moins cher (comme tu le soulignes) qu’une entreprise avec des employés, des frais de structure, ou qu’un professionnel expérimenté et reconnu, comme le précise jean-Philippe, on achète aussi quelque part « une marque ».

    Là ou je pense que tu te méprends, c’est au niveau des tarifs, du 30 euros par heure, c’est bas mais quand nous parlons de « cassage de prix », voici ce que l’on peut trouver (et pas forcément fait à l’étranger) :

    Des chartes graphiques complètes entre 50 et 150 euros
    Des sites internet complexes, avec chartes graphiques avancées et développement sur mesure entre 300 et 500 euros.

    Si tu fais le calcul, ton petit gars a 30 euros de l’heure, ça veut dire qu’il doit pondre la charte graphique en 1,5 et 5 heures (temps de discussion/négociation avec le client compris) et le site internet entre 10 et 15 heures…

    Quand au problème des « faiseurs de web » locaux, ce n’est pas le tarif qui nuit au marché, mais bien une prestation de piètre qualité sans réel retour sur investissement pour le client, qui contribue à perpétuer au niveau des entrepreneurs locaux l’idée que faire un site internet, ça ne sers à rien.

    Le 22 juin 2007 à 15 h 52 min

  • Commentaire d’une « entre-deux »

    En lisant ta note j’ai eu la drôle de sensation de me reconnaitre dans les « bouchers qui font du web ». Bon, j’exagère, disons que j’ai reconnu mes employeurs.

    Je travaille dans une boite irlandaise, qui autrefois offrait des services de programations diverses pour d’autres grandes entreprises comme la SNCF ou Aer Lingus. Seulement après le 11 septembre, il y a une grosse crise dansl eur secteur et ils ont du trouevr d’autres sources de revenus. C’est là qu’ils ont lancé leur « Booking engine », système de gestion et réservatione en ligne pour les hôtels.
    La principale source de revenu de mon entreprise c’est le pourcentage qu’ils recoivent à chaque réservation effectuée, et donc le but de mon entreprise c’est que les gens réservent. Pour cela, ils ont créé différents portails d’hôtels et ont mis leur booking engine sur les différents sites de leurs clients.
    Mais comme vous pouvez vous en doutez cela les a mener à créer directement les sites de leur client, en particulier pour s’occuper du « SEO ».
    Le seul problème, c’est que l’équipe technique est en fait composée de programmeur java et qui, à mon gout, ne savent pas faire du html corect.
    J’ai été embauché car j’avais une licence d’info et un site web. Mais si vous jetez un oeuil à mon site, vous verrez que nul boite de web developpement sérieuse ne m’aurait pris comme web developer (je travaille à une refonte complète, ne vous inquiétez pas).
    Heureusment pour ma boite, je venais de lancer la refonte de mon site et d’apprendre à fond et en express les CSS. Et quand ils m’ont demandé de créer les site de leurs clients, j’ai utilisé mes toutes nouvelles connaissances. Comme je passe mon temps sur Alsa, que je progresse vite et que j’ai une très forte conscience professionnelle ajoutée à un interet pour l’auto formation, je fais maintenant, j’ose croire, des sites de qualité. Mais disons que c’ets plus un hasard qu’autre chose.
    Heureusement quand même, mes patrons s’en rendent un peu compte et trouve que je suis une employée très pratique qui s’est « tout » faire (on me demande aussi souvent de faire le design dans la foulée) et qui en plus n’est pas super chère (j’ai été embauchée alors que je n’avais aucune expérience et comme je vais rentrer en France un de ses quatre, je ne cherche pas d’autre boulot et me contente de mon salaire, tout de même plus important qu’un salaire français). N’empèche que je trouve que mes colègues sont plus ou moins (en fonction des collègues) incapables de faire des sites corects et que c’ets vraiment un hasard si les sites de nos clients sont pas trop pourris…

    Par contre, je rale aussi contre les sites en Flash, qui sont, eux, mes ennemis jurés…

    Le 22 juin 2007 à 16 h 16 min

  • Lionel

    Sur le fond, je pense bien qu’on est sur la même longueur d’onde Aymeric :) Cependant, il y a ennormément de professionnels qui considèrent que facturer 30€ HT de l’heure, c’est casser les prix (j’ai même des gens qui m’ont dit que leur femme de ménage gagnant plus ^^ ). C’est à ceux que je m’adressais, pour compléter ton analyse.

    Pour le design, je suis aussi d’accord avec toi qu’on ne peux pas faire un design travaillé pour 50-150€. Par contre, je pense que c’est jouable pour un design « bateau ». Car certains clients préfèrent mettre cette somme et avoir un site « un peu passe partout » (même s’il est tout de même personnalisé), plutot que de payer 10 fois plus et d’avoir un design beaucoup plus travaillé. Là encore c’est une question de cible et de choix marketing :)

    Personnellement, si j’avais un coup de geule à passer, ce serait contre les personnes qui décrédibilisent notre métier, qui nous concurencent de façon « déloyale » (sous-traitance, travail au noir, ….). Pour le reste, il faut de tout pour faire un monde :p

    Le 22 juin 2007 à 19 h 02 min

  • Lionel

    Excuse-moi pour le double post, mais j’avais oublié un détail : le soucis qu’il y a aussi dans notre métier, il me semble, c’est qu’elle s’appuie sur ce que j’appellerais 2 piliers techniques : le design, et la programmation. Et forcément, 99% des professionnels n’ont pas eu une formation complète sur ces 2 points à la fois, et n’ont pas autant d’aptitude pour les 2.

    J’ai par exemple une formation d’analyste programmeur. Donc pour moi, un site mal codé me fait bondir, alors qu’un site avec un design « basique » ne me choque pas. A l’inverse, toi qui a une formation de webdesigner (si je ne me trompe pas) doit attacher une importance plus grande à la « communication visuelle » qu’à la technique de programmation.

    Je vois ça par exemple au niveau de l’utilisation que tu as des CMS. Personnellement, je VEUX pouvoir maitriser à 100% le développement de mon site d’un point de vue technique. Si je veux changer un détail au fin fond de mon site, je veux pouvoir le faire facilement. A l’inverse, je suppose que tu préfères utiliser des CMS et autres outils te permettant d’éviter au maximum d’avoir à toucher au code des pages. C’est un choix que je respecte, mais ça montre bien la différence d’attachement qu’on a aux choses.

    De mon coté, le design me pose problème, car je n’ai pas eu de formation là dessus, et que actuellement je ne peux pas me permettre d’embaucher un graphiste, ou de faire appel à quelqu’un pour le faire. Ca ne colle pas avec ma politique tarifaire : je ne peux pas faire un site vitrine de 3 pages pour 100€, et rajouter à ça un design à 500€. Ca ne tient pas la route.

    D’un point de vue extérieur, le prix des prestations graphiques parait souvent exagéré (je ne dis pas que c’est le cas, je n’ai pas la prétention de juger les pratiques ce métier). Mais lorsqu’en tant que créateur d’entreprise, on me demande 600€ HT pour un logo, personellement je dis non, et me débrouille tout seul. Pas forcément que je pense que ça ne le vaux pas, mais je n’en ai pas les moyens. Pour les designs, c’est pareil. Quelque fois, les client veulent quelque chose de propre, mais ne sont pas prêt à payer 500 ou 1000€ pour ça. Une image dans un header, des couleurs de fond bien choisies, et des menus assortis leur suffisent amplement…

    Je peux comprendre qu’un graphiste risque de m’égorger si j’appelle ça une charte graphique. Mais ça corresponds totalement aux demandes que j’ai (TPE). Il est sûr qu’une grosse entreprise ne se satisfera pas de ça!

    Pour conclure, nous n’avons pas forcément la même vision d’un « bon site ». Ce qui peut créer des incompréhensions au niveau des politiques tarifaires ;) Je suis certain que tu ne factureras jamais un design au même prix que moi. Et à l’inverse, il est possible que certaines personnes facturent moins cher que moi le développement d’un site.

    Bon j’arrête là, je crois que 3 pavés sur un seul billet, c’est suffisant :D

    Le 22 juin 2007 à 19 h 19 min

  • Florent V.

    Hello Lionel,

    Je dirais qu’il y a quelques dimensions que tu oublies quand tu parles de design (je suppose que tu veux dire graphisme, et non pas « design » au sens premier, c’est à dire conception ?) et de développement.

    En vrac :

    • le conseil stratégique ;
    • le conseil en communication ;
    • la gestion et l’animation de contenu ;
    • le référencement.

    Des aspects que l’on travaillera en profondeur uniquement pour des gros projets, mais que l’on abordera forcément (ou qu’il serait préférable d’aborder…) dès que l’on dépasse le cadre du site-plaquette de trois page.

    Dans les deux profils que tu décris (développeur et graphiste), il manque tout de même la composante communication.

    Le 22 juin 2007 à 21 h 29 min

  • Lionel

    Oui biensûr je simplifiait la chose, en ne parlant que des deux « piliers ». Il est vrai qu’il y a des tas d’autres facettes qui « entourent » la conception d’un site. Je ne parlais que de la conception, même s’il est vrai que les autres services sont importants. Cependant, je pense qu’on peut appliquer ce que j’ai dit à ces cas là : on a toujours un domaine privilégié, auquel on accorde plus d’importance. Et ce domaine varie selon la personne ;) Un site peut paraitre « bien » pour quelqu’un, et « mauvais » (voir très mauvais) à un autre

    Le 23 juin 2007 à 0 h 15 min

  • Florent V.

    Oui, tout à fait. On a effectivement tous un domaine privilégié (ou un panel de domaines privilégiés… panel qui ne couvre jamais l’ensemble des facettes de la conception web).

    Je remarque au passage que tu estimes que la réflexion stratégique et en communication « entourent » la conception web, alors que je pense pour ma part qu’elles en sont le cœur, ou au moins la base indispensable.

    C’est sans doute une lubie de littéraire, mais je distinguerais :

    • la conception (stratégie, communication, spécification fonctionnelle, charte graphique) ;
    • la réalisation (développement, intégration) ;
    • l’animation (contenus et évolutions de ceux-ci, référencement).

    La réalisation dépend de la conception (on n’a pas toujours – et même pour ainsi dire jamais – de spécification fonctionnelle, mais on a au moins une idée globale, quelques indications verbales, sans doute quelques documents écrits et peut-être un cahier des charges complet), et l’animation dépend aussi bien de la conception que de la réalisation (gestion des contenus et référencement doivent se faire sur la base du site tel que conçu et réalisé).

    Le 23 juin 2007 à 14 h 47 min

  • Florent V.

    Ceci étant dit, le principal problème des petits ou micro-projets, c’est que l’on ne peut pas mobiliser les moyens, notamment les moyens humais et en termes de temps, pour couvrir correctement tous ces aspects. Il faudra nécessairement emprunter des raccourcis.

    1. La réflexion sur la nécessité (ou non !) d’avoir un site web est souvent menée par le client seul, qui n’a pas toutes les cartes en main pour trancher. Cette réflexion est aussi influencée par les prestataires qui démarchent leur prospects en leur disant que aujourd’hui, il est impensable de ne pas avoir de site web ou que c’est une formidable opportunité à saisir.
    2. La réflexion sur le type de site web à mettre en place (ou vers quoi faire évoluer un site actuel) est souvent sommaire, alors qu’elle mériterait un minimum d’attention.
    3. La charte graphique peut être simpliste (reprendre couleurs et logo).
    4. La réalisation technique peut emprunter des raccourcis (plateformes, CMS tout juste personnalisés) qui feront économiser pas mal d’argent.
    5. L’animation (contenus et référencement) est souvent limitée à son point de départ : un contenu de départ pour le lancement du site, une réalisation technique non bloquante pour le référencement naturel, et baste.

    Peut-être qu’une bonne réflexion sur ces points permet de construire une offre basée sur des compromis-type, modulables, à proposer à des clients à budget réduit. Là, j’avoue mal connaitre le sujet.

    Le 23 juin 2007 à 14 h 58 min

  • yahrou

    Il faut voir aussi que beaucoup de clients sont perdus dans la jungle des prestations, n’importe qui dit faire n’importe quoi. Des clients qui n’ont aucune connaissances du web peuvent très vite se faire arnaquer et ne s’en rendre compte que bien longtemps après ou jamais. Ce qui explique qu’ils soient parfois réticent à payer des sommes importantes.

    
    

    Tous les aspects d’un site cités ci-dessus sont très importants, mais les clients n’en ont pas toujours connaissances et le charabia d’un professionel sérieux ressemble parfois au charabia de quelqu’un qui s’est autoproclamé « web » quelquechose.

    Là où c’est particulièrement visible, c’est au niveau du SEO. Je crois que le nombre de gens qui s’autoproclament spécialistes en SEO est encore plus important que tous ceux qui se font créateurs de site (car pour faire un site, même pourri, il faut un minimum de connaissances au moins en design ou en programmation web). Pour faire du SEO, il ne faut rien de spécial, parfois une vague connaissance du html pour modifier un site. En plus, comme c’est domaine assez flou, il très difficle de comparer les résultats et de réellement les observer. Surtout que la plupart du temps c’est la personne qui vous fait le « SEO » qui s’occupe de l’analyse des résulats, donc tout est biaisé à la base…

    Le 23 juin 2007 à 19 h 47 min

  • Lionel

    Florent V. : je pense que la question n’est souvent pas de savoir si le client a besoin d’un site. S’il le demande, c’est qu’il en ressent le besoin. Quand tu achètes une machine à laver, ou un TV, le vendeur ne va pas te demander si tu es certain d’en avoir besoin ;) . Par contre, il faut arriver à cerner l’utilisation qu’il compte en faire, et surtout ses attentes, pour y répondre aux mieux. Sincèrement, te vois-tu dire à ton client « mais non, vous savez, dans votre cas, un site est inutile »… Ce n’est pas à nous de juger si c’est utile ou non, sauf s’il demande notre avis biensûr. Il m’est déjà arrivé de dire à un client qui me demandait ce que je pensais de l’utilité d’un site de e-commerce pour son cas (un petit commerçant), et je lui ai répondu clairement que cela me semblait un peu trop imposant par rapport à sa structure et à sa main d’oeuvre actuelle. Après c’est à lui de voir s’il veux se développer sur ce secteur.

    Pour les autres points, il est vrai qu’ils sont importants aussi. Un site qui n’est pas référencé, mal programmé, avec un contenu non renouvelé est pour ainsi dire complètement inutile.

    Le 24 juin 2007 à 5 h 18 min

  • Jolie typologie de la concurrence, Aymeric. Qui donne lieu à un beau débat permettant de mettre en perspective les métiers du web. Bon billet.

    Le 25 juin 2007 à 8 h 34 min

  • euuhhh, tu nous fais quand la même chose pour la formation ;-)

    Le 25 juin 2007 à 15 h 45 min

  • 60 questions, le blog

    Moi aussi, je sais faire un site web

    J’ai pris un certain plaisir à lire un récent billet d’Aymeric Jacquet à propos de ces concurrents que l’on aime détester.
    Y passent à tour de rôle : Le neveu du cousin du beau-frère qui a programmé son premier jeu à 6 ans, l’étudiant…

    Le 27 juin 2007 à 23 h 46 min

  • Note pour plus tard, ne plus partir plusieurs jours après avoir lancé un sujet qui force la réflexion.

    Tout d’abord, merci à toutes et à tous pour vos réponses qui sont restée claires, argumentées et posées, ce qui croyez moi n’est pas si fréquent en réponse à un sujet à fort potentiel « trollesque ».

    Donc merci à vous, vous avez été une réelle valeur ajoutée à ce billet.

    Je vais revenir sur certains points abordés lors des échanges.

    Il m’arrive de dire à une personne qui me contacte que, oui, elle ferait mieux de prendre un gros encart dans les pages jaunes plutôt que d’investir dans un site internet.

    un support de communication, quel qu’il soit, doit représenter un investissement pour une entreprise, et donc, l’entreprise doit légitimement s’attendre à un retour sur investissement.

    Retour sur investissement qui est loin d’être évident pour certaines réalisations que je vois sur internet, sites mal codés, invisibles aux moteurs de recherches ou presque, communication non efficace, etc…

    C’est souvent à ce niveau que se fait la différence entre un prestataire « qui fait du web » et un prestataire dont le web est le métier : une connaissance profonde de l’outil et de la plus-value qu’il peut représenter pour une société, et ce pour tout type de budgets.

    Un client peut vouloir un site, par effet de mode (ou parce que quelqu’un l’a convaincu qu’il fallait absolument en avoir un), mais en a t-il réellement besoin ? Ce site apportera t-il un plus pour la communication de l’entreprise ? Est-ce que le budget est en adéquation avec ce qu’il en attend ?

    Le 29 juin 2007 à 23 h 31 min

  • martin

    Bonjour
    Vieille article ! je me situe dans la catégorie des gens qui ont travaillés dans des boulots de merde restaurations,batiment ou la concurrence est au 3/4 au black dans les pme….j’exagére à peine.
    Par contre je me suis former, j’aime le web si je me lance en tant qu’auto-entrepreneur je me rensignerai pour ne pas casser le marché :)
    Perso je vais utiliser un cms  avec des templates avec adaptations du design et proposer un prix en rapport avec mon travail.
    je me renseigne sur les tarifications , je ne veux pas casser le marcher , je veux surtout pouvoir travailler et gagner ma vie de façon légale.
    Cordialement
     
     
     

    Le 26 septembre 2009 à 18 h 46 min

  • martin

    En faite je rejoins un peu le commentaire de Florent V

    Le 26 septembre 2009 à 18 h 52 min