Reprendre à zéro

Hmmm oui, ça me va, ce titre est assez parlant.

En fait ce titre résume assez bien la situation professionnelle dans laquelle je me trouve actuelle, un peu comme l’impression de revenir 6 ans en arrière (création de ma société), voir 9 ans en arrière (quand je me suis lancé en freelance)…

Les dernières années ont été compliquées (principalement depuis 2009) et ont inextricablement conduit à la situation actuelle, celle d’une entreprise fragilisée.

Résumons les éléments importants :

  • 2009 – Travail :  nous prenons la crise en pleine face, avec du retard sur d’autres secteurs, mais au final on se la prend. Je dois licencier et emprunter à la banque pour assurer ma régule de fin d’année et un peu de BFR de sécurité.
    Personnel :  une personne qui m’est très proche fait une rechute de son cancer, nous pensions même à l’époque qu’elle ne passerait pas l’année.
  • 2010 – Travail : début d’année très stressant, nous travaillons bien les 3 premiers mois, puis plus rien et surtout aucun paiement, rien, nada… la tréso est dans le rouge tout va mal. Heureusement un ami nous file un coup de pouce en nous payant d’avance un dossier. Juin arrive, les dossiers avec, plein de dossier, trop de dossiers. Quasiment tout ce qui ne s’était pas fait en 2009 tombe maintenant, on prend tout, pas le choix. J’enchaine les semaines entre 75 et 100 heures de travail, ma famille part en vacances sans moi, normal. Obligé de sous traiter certains dossiers, au final,l’année nous permet d’absorber 2009, ni plus, ni moins.
    Personnel : stand by pour le cancer, il est bien de retour mais les traitements font leur travail, avec des hauts et des bas. Notre fils lui commence à développer de sévères troubles de la personnalité. Nous apprendrons plus tard que ces troubles sont probablement consécutifs au stress et aux événements de l’année 2009. Je finis l’année sur les rotules, plusieurs fois malade (et oui, je n’ai plus 20 ans).
  • 2011 – Travail : année moyenne, nous rentrons assez de travail pour payer les charges, mis pas assez pour générer une nouvelle trésorerie. Le paiement de la fin du prêt réalisé en 2009 nous plombe les chiffres et nous finissons l’année avec un bilan un peu négatif : 4000 euros.  Pas la mort, mais c’est un bilan négatif. Je fais une saturation d’informations suite à 2010 et me « retire » en grande partie des réseaux sociaux.
    Personnel : au mois d’aout, nouvelle rechute pour le cancer, tout va de mal en pis, disons clairement le choses, le processus de fin de vie est en cours, le reste c’est du temps gagné.
  • 2012 – Travail : comme 2010, l’année commence bien, puis plus rien. Comme 2010 les paiements sont en retard. Nous perdons deux gros clients, ils coulent. D’autres réduisent leurs budgets de communication, la crise nous rattrape et bien. Cerise sur le gâteau, Pinguin nous fait perdre un client (et oui ça arrive). On prend les décisions nécessaires, on réduit les charges, l’entreprise c’est notre vie, notre avenir, elle doit survivre.
    Personnel : voir l’année 2011, en pire.

Comme vous le voyez, le tableau est plutôt sombre, et je vais vous dire le pire dans tout ça : c’est entièrement de ma faute.

Retenez bien cette phrase : quand une entreprise va mal, c’est toujours, je dis bien toujours un problème de management.

Bien sur la période n’a pas été facile, le personnel ayant très fortement pesé sur le moral et apporté sa part de stress.

Mais je ne pense pas être le seul entrepreneur ayant eu à souffrir de problèmes personnels.

J’ai manqué de prise de recul, de lucidité et d’analyse, tout simplement.

Il faut comprendre que nous ne sommes jamais sortis de la crise de 2008/2009, nous sommes toujours dedans et pour un bon moment encore…

Alors quelles furent mes erreurs ? Elles sont simples, elles sont basiques et peuvent se résumer en une seule phrase : j’étais tellement préoccupé par le fait de remonter la pente après 2009 que j’ai oublié tout le reste.

Depuis que je me suis lancé en freelance et encore plus depuis que j’ai lancé ma société, je ne travaille que par prescription. Je n’ai jamais prospecté « activement ».

Un réseau de prescription, ça prend du temps à mettre en place, mais ça prend aussi du temps à faire vivre et évoluer. Quand on perd un prescripteur, il faut le remplacer.

  • En 2008/2009, j’ai perdu des prescripteurs de deuxième rang qui ont coulé avec la crise, quand je dis deuxième rang, c’est qu’ils ne représentaient qu’un apport de business de quelques centaines à quelques milliers d’euros. J’étais tellement obnubilé par les problèmes liés à la crise que je n’ai pas relevé.
  • En 2010, j’ai tellement travaillé que je n’ai pas pris le temps d’étendre ou de renouveler mon réseau. J’étais tellement occupé à travailler que je n’ai presque pas communiqué. A peine 15 articles sur le blog dont la plupart sont des articles de guest blogging. De plus j’ai deux anciens clients qui ont coulé, clients qui représentaient à eux deux pas loin de 10/15 k euros par an. Comme j’avais trop de travail, j’ai du sous traiter des taches qu’en temps normal je ne sous traite pas, bien que mes clients et partenaires soient au courant, ça a entrainé des tensions avec un d’entre eux car le client final était particulièrement pénible, tensions qui ont fini par me faire perdre mon plus gros partenaire avec qui pourtant je travaillais depuis plus de 3 ans. Bilan perte d’un gros partenaire qui m’apportait entre 20 et 40k par an. Perte également de mon plus gros client historique qui emporte avec lui le GIE dont il assure la direction. Celui là je l’ai pas vu venir.
  • En 2011, on fait le job, on assure les charges, je me rassure en me disant qu’effectivement avec les deux gros apporteurs d’affaire perdus, il va falloir du temps pour relancer tout ça. Sauf que dans le fond, l’envie n’y est plus, comme je l’ai dit, 2010 m’a laissé sur les rotules, on a des dossiers récurrents (traduisez rentrées mensuelles assurées) , une grosse presta de formation qui assure à elle seule 2 mois de CA. On perd 1 client, on en gagne d’autres, mais c’est du one shot. Avec des partenaires nous sentons qu’il y a un besoin de tirer les prix vers le bas, et ça aussi ça se compte et s’anticipe. Je communique très peu, je suis las, je fais aller tant que l’argent rentre. Je n’ai même plus le courage ni l’envie de mener à le gros projet dans lequel, pourtant, je porte de grands espoirs.
  • 2012 n’est au final que le résultat final de ces années passées à « laisser aller » ou à être la tête dans le guidon. Une société évolue, s’étend ou meurt.

Reprendre à zéro, c’est ce que je fais en ce moment. Comme je n’ai presque pas de travail à faire pour des clients, je travaille pour moi. La refonte de mon site pro suit son cours avec de nouveaux contenus et enfin du travail de référencement (cordonniers mal chaussés toussa). Je suis en train de lancer des sites pour me refaire un réseau et générer de nouveaux revenus annexes. J’ai des projets pour des sites existants et l’envie de peut être relancer mon gros projet.

Et surtout, surtout, je recommence à communiquer.

 

Cordialement,
Aymeric Jacquet

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26 Commentaires pour Reprendre à zéro

  • C’est assez rare de voir un chef d’entreprise de reconnaître aussi ouvertement certaines erreurs commises dans le passé, donc bravo pour avoir franchi le pas.
    Si on fait du bon boulot, nos clients deviennent nos prescripteurs. Si on fait du bon boulot, nos partenaires et fournisseurs deviennent nos prescripteurs aussi. Bref, le réseau est la clé de toute réussite. Il faut constamment l’entretenir, le faire évoluer et le consolider.
    Bon courage pour la suite en tout cas, que ce soit au niveau professionnel ou personnel.

    Le 30 août 2012 à 14 h 39 min

  • Arnaud

    Salut Aymeric, si tu as besoin d’aide pour ce projet ou pour autre chose et que je peux t’aider fait moi signe.

    Le 30 août 2012 à 14 h 40 min

  • « cordonniers mal chaussés toussa », si tu me le permets, pour moi cette expression (que je déteste) est une phrase de « branleur » :)… le cordonnier doit être le mieux chaussé, surtout quand il est prestataire.

    Le 30 août 2012 à 14 h 49 min

  • Laurent

    Bonjour Aymeric

    Pas spécialement comblé par cette lecture mais elle me conforte sur l’idée que la crise dure et perdure … quelques enseignements retirés de la perte des prescripteurs … freelance et pour le moment satisfait de ma condition je nous souhaite juste de continuer à exister … 

    Le 30 août 2012 à 14 h 56 min

  • Courage ! Se replier sur soi n’est effectivement jamais une solution, c’est bien que tu arrives à faire ce travail d’analyse et l’accepter, ce n’est pas donné à tous les entrepreneurs ;-)

    Le 30 août 2012 à 15 h 01 min

  • Je ne reviendrai pas sur le « personnel » mais te souhaite bon courage. En tout cas ton discours est touchant.
     
    En ce qui concerne le « pro ». Je pense que tu fais de la création de sites et du réf pour tes clients. Tu devrait chercher à développer ton propre business (comme tu le fais actuellement, je crois), quand tu as moins de travail, pour être moins dépendant des clients. Quelques MFA ça ne fait pas de mal. 
     
    Sinon tu as raison, il faut continuer à communiquer pour choper des clients. Distribuer quelques flyers dans ta ville, rencontrer des commerçant, …
     
    Mais on sent une certaine lassitude et le cercle vicieux dans lequel tu es ne te permet peut-être pas de couper avec des vacances pour te régénérer. Ce n’est pas possible pour toi de conserver ta boite, laisser tes salariés bosser et toi prendre un travail à temps plein ou mi-temps pour changer ?

    Le 30 août 2012 à 15 h 21 min

  • Daniel : C’est de la théorie. La pratique, c’est qu’il y a une masse critique de prescripteurs/clients à atteindre pour assurer un renouvellement plus aisé.

    Arnaud : Tu es vivant! Merci pour ton message, au besoin je t’envoie un mail.

    Romain : et nous sommes bien d’accord, c’est la phrase alakon dont on se sert pour se donner bonne conscience de ne pas s’occuper de ses propres affaires.

    Laurent : bah, on va justement tout faire pour continuer à exister.

    Yann : ce travail d’analyse est vraiment nécessaire. Le truc c’est qu’il ne faut pas attendre qu’il soit trop tard.

    Erwan : ca fait longtemps que je tourne autour et c’est pour ça qu’en ce moment je travaille à fond la dessus. Pour les employés, ça va être difficile, je n’en ai plus aucun à ce jour.

    Le 30 août 2012 à 15 h 35 min

  • Bonne chance. On est nombreux à en être là. Tout le Web se transforme. Pas évident de prendre cela comme une opportunité. Les temps sont de plus en plus difficiles.
    Sinon, rappelons qu’il faut vraiment éviter la surcharge de travail car on fini pas bosser de façon inefficace. Il faut savoir faire un break et se concentrer sur l’essentiel.

    Le 30 août 2012 à 15 h 56 min

  • Bonjour,

    Je suis ton blog depuis un bon petit moment et celui-ci ma fort plus.
    Merci à toi pour ce partage.

    Bonne continuation

    Un jeune graphiste qui ne reprends pas à zero mais qui souhaite commencé à parcourir.

    Merci 

    Le 30 août 2012 à 16 h 26 min

  • Je ne suis que « simple salarié » donc je ne connais pas du tout ces problèmes et ce que ça peut engendrer sur la vie pro (et la vie perso du coup).
    En tout cas je te souhaite du courage pour la suite, en espérant que tu retrouve la motivation pour tes futurs projets :)

    Le 30 août 2012 à 16 h 27 min

  • Oui ce n’est pas facile jour après jour… surtout quand on a ton recule et ta situation.
    Tu es quelqu’un de compétent et sérieux malgré tes « erreurs » qui sont essentiellement humaines, toi et ta petite famille aller vous en sortir, je n’en doute pas.
    A bientôt et bon courage. :)

    Le 30 août 2012 à 17 h 47 min

  • Cerbere

    Je suis stupéfait de lire à travers cet article une personne de ta qualité se remettre en cause. Même si au final je pense qu’il y a qu’ainsi que l’on peux aller de l’avant.
    Pour l’aspect personnel je suis bien désolé. La seule vrai richesse c’est la santé tout ça tout ça …
    Pour l’aspect pro. peut-être devrais tu songer à embaucher un technico commerçial. 
    Pour le BFR il y a toujours des solutions sachant que sans trésorerie tu coules tu dois sur chaque rentrée de cash prélever. 

    Le 30 août 2012 à 18 h 01 min

  • Courage et quelquepart Bravo meme si la situation est difficile. J’ai énormément de respect pour tous mes contacts qui ont créé leurs propres boites ou qui sont indépendants – Perso je n’en suis tout simplement pas capable c’est aussi simple que cela et pour toute les raisons que tu donnes c’est dur d’avoir la tete dans le moteur (de recherche), sur le blog, dans la compta, la prospection, les partenariats etc … et si en plus la situation perso s’en mele…  

    Bref!  Courage! j’attends les prochains posts avec impatience

    Le 30 août 2012 à 18 h 04 min

  • Nicolas : là je crois que justement le break a duré trop longtemps et qu’il est temps de retrousser les manches. ;)

    Kerweb : merci, justement en ce moment, de la motivation j’en ai, faut juste l’utiliser à bon escient.

    Aurélien : merci pour ton message, je n’en attendais pas moins de toi.

    Cerbere : merci pour ton message. J’ai pensé plein de fois embaucher un technico commercial, mais ce n’est hélas pas si simple. Du coup j’essaie de voir du côté des agents commerciaux, mais dans le secteur ils ne sont pas légion.

    Le Juge : hey, tu as vu t’es pas passé en spam ! Si tout va comme je le pense et que je ne me plante pas, normalement d’ici 4 à 6 mois « I will be back on tracks ».

    Le 30 août 2012 à 18 h 37 min

  • Salut Aymeric,
    T’es compétent, t’es sérieux, t’es bosseur, t’es réaliste et t’as encore plein d’autres qualités.
    Certes la situation économique n’est pas géniale (loin s’en faut!) mais tu as bien anticipé le coup et maintenant que tu n’as plus le nez dans le guidon, tu vas pouvoir commencer à retravailler tes réseaux et ainsi remonter la pente, je n’en doute pas :-)
    Le perso, cela mine bien plus qu’on le pense ou qu’on ne veut se l’admettre. Dès que tu pourras rebondir de ce côté là, tu verras que tu feras à nouveau la différence positivement ;-)
    J’ai aucune inquiétude sur le fait que tu sois capable de gravir à nouveau la montagne, surtout maintenant que tu as retrouvé un nouveau souffle ;-)

    Le 30 août 2012 à 20 h 01 min

  • Félicitation pour votre ouverture d’esprit, j’ai eu les larmes aux yeux en lisant votre billet car je me trouve aujourd’hui dans une situation prochede la votre, mais à cause d’autres erreurs faramineuses dans la gestion de mon entreprise, j’ai eu une année 2009 excellente, puis une année 2010 époustouflante ( j’ai revendu des nom de domaines pour des dizaines de milliers d’euros ) , j’ai donc fait un concours de trésorerie au lieu de dépenser tout mes bénéfices afin de réduire mes charges, ce qui aujourd’hui m’allegerai énormément, j’avais heureusement mis de coté pour la régul 2011, mais comme c’est ma première entreprise en France, je n’avais pas compris que je devrai payer en 2012 des acomptes de charges 2013 sur un chiffre pas encore réalisé mais basé sur 2010 ! Avec penguin qui est venu fracasser ma porte mes revenus se sont effondrés et je frôle avec le zéro chaque mois, même si je commence à remonter la pente, le stress que cela génére aura surement un impact négatif sur ma santé, j’ai extremement mal aux mains à force de rester sur le clavier pour remonter ma pénalité du penguin ( j’y suis presque, ouf ), puis des problème dentaires à cause de la pression de la machoire due au stress , mais en tout cas je n’ai plus qu’une seule envie, réduire la voilure de mon entreprise et surtout ne pas me développer pour éviter les fluctuations de charges qui sont beaucoup trop stressantes, et oui bienvenue en France, ou travailler est quasiment un délit, la punition est double, 2x des charges…

    Le 31 août 2012 à 17 h 03 min

  • Jacques Pyrat

    Merci pour ce partage que j’ai trouvé vrai, profond, sincère et émouvant.
    Certains disent que l’expérience est une lanterne que l’on porte dans le dos : elle éclaire le chemin parcouru.
    Mais j’ai trouvé que ton témoignage éclairait plus que ton seul chemin. Il a mis de la lumière sur le mien.
    Merci !

    Le 31 août 2012 à 22 h 13 min

  • Il y a des moments où, paradoxalement, le « travail » le plus productif est de faire une vraie pause d’un mois. L’angoisse nous empêche de le faire, mais ça permettrait de recharger les batteries. En te lisant, je pensais que non, tout n’est pas de ta faute. Entre un qui coule et un qui s’en sort, c’est souvent le hasard qui joue…. bon courage à toi, pour tout, et merci pour ce témoignage qui en aidera beaucoup

    Le 31 août 2012 à 22 h 21 min

  • Michael

    Courage, Aymeric!!!
    Monter une boîte, j’y pense parfois, mais cela demande beaucoup de compétences, et c’est tout sauf facile. De plus, il est vrai que la période n’est pas propice au développement des entreprises. Le « confort » d’être salarié est appréciable!
    J’ai tiré quelques expériences de mon emploi de simple salarié que je souhaiterais partager avec toi.
    Pour moi, la sous-traitance est une plaie:on ne maîtrise pas les process,  ni la relation que le sous-traitant entretient avec un client, et ce, quelle que soit la qualité du sous-traitant. Je serais d’avis de dire qu’il vaut mieux refuser du travail que de faire appel à de la sous-traitance, particulièrement pour les petites structures.
    Il ne faut pas oublier que nous travaillons pour vivre, et non pas que nous vivons pour travailler. Tu es particulièrement bien placé pour savoir que nous n’avons qu’une seule vie. Il faut également avoir le précepte américain en tête en permanence: un ouvrier heureux est un ouvrier productif. C’est tout à fait pertinent pour des chefs d’entreprise. Il faut recharger ses batteries de temps en temps.
    Tout cela est théorique et pas évident à mettre en oeuvre lorsque les chiffres parlent ou que les banquiers deviennent pressants. A toi de voir ce que tu peux en faire, j’espère t’avoir soutenu dans cette période difficile.
    Passez nous voir à la maison, on sera content de vous voir ;-)

    Le 1 septembre 2012 à 10 h 46 min

  • Salut Aymerci,
    En lisant cet article je reste stupéfait pas tes qualités rédactionnelles, chaque fois que tu fais un billet sur la situation de ton entreprise ou un peu plus perso il y a une humanité fort apaisante dans ce monde de brut.
    Il est clair que le cerveau doit mouliner:
    – persévérer avec la même activité,
    – mener de front l’entreprise et un nouveau challenge avec le risque de courir deux lièvres à la fois mais avec  l’opportunité d’avoir un revenu alimentaire pour financer la future start up…
    – retourner au salariat
    Si je reprend ton titre  » reprendre à zéro » il n’est pas juste sur un point : comme tu le sais au sein de nos incubateurs et pépinières il y a des aventures qui s’arrêtent. Et s’il y a un seul point commun entre tous les dirigeants qui connaissent cette situation c’est leur capacité à rebondir…Aucun n’a « jamais mal tourné « .pas un seul sur nos 18 pépinières et sur 20 ans…. »
    Donc comme d’habitude le temps va faire son œuvre…pour digérer le professionnel..pour le côté perso je serai plus humble…
    Et pour ton super projet si tu as besoin d’infos ou de conseils, si je peux à t’as dispo ? ( oh fait ! la région languedoc roussillon organise un concours de création d’entreprises avec 100 000 euros par projet…tu prépares tes bagages…..)
    Amicalement
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    Le 3 septembre 2012 à 16 h 19 min

  • Charles : IL va juste falloir une bonne grosse dose d’énergie et de volonté. ;)

    Patricia : La fiscalité française pour les dirigeants d’entreprise et le RSI en particulier sont toujours un piège, c’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles nombre d’entreprises ne survivent pas à la régule. Bon courage pour la suite.

    Jacques : J’avais besoin d’écrire cet article, si en plus il peut servir à d’autres, c’est tout bénef. ;)

    Marie-Aude : J’en parlais l’autre jour avec un ami et je lui disais : Ok, y a quand même des trucs ou j’ai vraiment pas eu de bol. Mais bon, ça n’explique pas tout. Le problème avec les « pauses », c’est que si on n’a pas de tréso, c’est très difficile à assumer quand tous les revenus du ménage sont assurés par l’entreprise.

    Michael : Dans notre secteur, à moins d’avoir une société un peu plus grosse avec toutes les compétences représentées via les salariés, sous traiter est relativement commun et même souhaitable, ne serait ce que pour des taches qui sont pour ton entreprise à faible valeur ajoutée. J’avais, et j’ai toujours, un bon réseau de sous traitants, sérieux et de confiance, le problème c’est que quand tu travaille par réseau, en étant partenaire/sous traitant toi même, que tu tombe sur un client final ultra pénible mais qu’hélas tu ne le gère pas en direct, tu ne peux pas demander la lune à tes propres sous traitants, tu as signé un devis, ils veulent bien en faire « un peu plus », mais quand le client final revient 3 fois sur le même projet en en changeant les specs à chaque fois au dernier moment, là c’est plus possible, surtotu quand l’ensemble du projet a déjà été réalisé.

    Jean-Philippe : Moi vivre dans le sud ? Jamais! ;) Et yep, en ce moment, le cerveau fait pas mal de noeuds.

    Le 3 septembre 2012 à 17 h 13 min

  • David

    Wow ! Que d’émotions ! Je sors à peine de la rentrée de mon petit bout de 3 ans, tout bouleversé, que la lecture de cet article me refout une grosse claque dans la gueule.

    Du courage, du recul et des corones ! Tel aurait pu être le titre de cet article. Comme le dit Daniel, le simple fait de reconnaître ses erreurs est une qualité rare chez un entrepreneur. Les amateurs de de pyschologie y reconnaîtront la théorie de l’engagement. Du courage et des corones , il en faut pour assumer ses erreurs sur la place publique et encore plus pour affronter la maladie. Bravo et bonne chance Aymeric, tu sembles être sur la bonne voie !

    Le 4 septembre 2012 à 9 h 20 min

  • Témoignage très touchant et empreint de courage.
    Si j’avais eu la même lucidité il y a quelques années, j’aurais peut être éviter le dépôt de bilan. Mais j’étais bien trop occupé à accuser le monde entier de ce qu’il m’arrivait au lieu de me remettre en question…
    Quand on est en plein dans la merde, on a tendance à se mettre des œillères et à foncer tout droit (dans le mur) alors que ce qui peut nous sauver, c’est soit de faire une pause réfléchie, soit de changer de direction… C’est une réaction humaine je pense.
    Par contre, je ne suis pas d’accord avec le titre : tu ne repars pas de zéro, tu repars grandi (provisoirement affaibli aussi peut être), mais avec de l’expérience en plus et ton discourt laisse transparaitre une grande dose de courage et de motivation.
    Je n’ai aucun doute sur le fait que tu remonteras la pente ! Bon courage à toi.

    Le 4 septembre 2012 à 11 h 50 min

  • Bonjour Aymeric,

    Je découvre ce blog, et reste admiratif devant ce billet. Que de courage et de franchise ! Reconnaître ses erreurs est difficiles, les expliquer devant tout le monde l’est bien davantage.

    Au delà de l’aspect libérateur de cet article (une séance de psychologue économisée), cela doit servir à tous ceux qui veulent se lancer en tant qu’indépendant / chef d’entreprise. Il y aura forcément des hauts et des bas, et dans les bas vous serez forcément responsable, puisque chef.

    Cela montre aussi l’importance du réseau qui est souvent, comme dans ce cas, mis de côté quand le travail décolle. Revenir au base, c’est dur, ça fait mal, mais ça permet de mieux redécoller ensuite.

    Bon courage

    Le 4 septembre 2012 à 15 h 15 min

  • Triste non, fataliste non plus, alors réaliste… OUI

    Quand nous savons que 600000 entreprises ont vu le jour en France en 2012 et que ce constat est sensiblement le même sur les 2 années antérieures, nous pouvons qu’être nombreux à réagir à ton article.

    Je ne peux à mon tour cacher une situation similaire ces dernières années. Sur les 3 sociétés lancées ces dernières années, 2 se développent normalement non pas sans peine mais c’est encourageant.
    Vous me direz, qu’en est-il de la 3ème ? ! Hé bien la 3ème a très bien démarrée, les réseaux des 2 autres aidant et puis voilà le temps de quelques investissements…
    Trop prématurés… à ceci s’ajoutent quelque gestes commerciaux et malheureusement des impayés.

    Je rebondis donc sur vos propos : je suis le seul responsable.
    Egalement préoccupé à lancer cette affaire coûte que coûte et bien cela m’a coûté !
    cf : « J’en ai oublié l’essentiel », la rigueur, les protocoles de ventes…

    Sans vouloir extrapoler, n’oublions pas qu’à l’origine nous sommes des bêtes et notre comportement s’apparente au leur.
    Quand une bête est forte on ne s’attaque pas elle mais dès que cette dernière montre des signes de faiblesses alors là attention à vos arrières.
    Exemple : Le client qui vous a toujours payé à la livraison, vous paiera avec qq jours de retard, puis le mois prochain. Le client pour qui vous effectuiez un travail sous simple accord verbal finira par vous dire « je n’ai rien signé, merci au revoir … »

    Le vécu : En effet, je suis le seul responsable et la tendance actuelle n’a pas de pitié, il faut donc en tirer les leçons et réagir avant qu’il ne soit trop tard.

    Une question certainement ? Pourquoi mes autres sociétés se développent-elles ?
    Tout simplement parce-que je ne suis pas tout seul et que mon profil est plutôt celui de la relation client que du gestionnaire !

    Croyez-moi, gestionnaire je le deviens aussi… maintenant !

    Le 8 septembre 2012 à 15 h 58 min

  • Bonjour Aymeric,

    Merci pour ton article, je suis actuellement dans une démarche de création d’entreprise… Il est rare de trouver un entrepreneur se remettant en question. Tes erreurs vont m’être bénéfique, mise à part trouver des livres sur la réussite, on ne parle pas assez des erreurs humaines.

    En tout cas merci et bon courage à toi

    Jordane

    Le 9 septembre 2012 à 18 h 08 min